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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

29e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : L’homme avait su toucher une corde sensible chez Nacéra qui se détend et lui demande de lui trouver un décorateur pour son défilé de mode. Pas surpris pour un sou, il se proposera de l’aider lui-même.

Nacéra retint son souffle. Ça marche !
L’homme a tout de suite pris les choses en main. Il l’a crue, alors qu’elle voulait juste un argument pour justifier son appel.
-Vous acceptez de m’aider,
Monsieur.
-Appelle-moi Djamel, voyons. Assez joué aux étrangers. Conduisons-nous comme deux anciens amis, veux-tu ?
-Avec plaisir. Je compte sur votre aide alors.
-Tu peux compter sur mon aide, Nacéra. Je veux entendre “tu” et non “vous”.
Elle reprend son souffle et déglutit, avant de tenter de prendre une voix normale.
-C’est super. Je ne vais pas m’en tenir là alors. Je vais t’embêter un peu plus pour te demander de m’indiquer le meilleur endroit pour ma manifestation.
-Pas de souci. J’ai justement un ami qui gère des salles des fêtes. Je vais voir ce qu’il a de meilleur à nous proposer pour un défilé de mode. Ne t’inquiète pas non plus pour les agencements. En dehors de ma formation initiale d’architecte, je suis spécialisé dans la décoration intérieure, et je fais souvent des stages dans des pays étrangers pour me rafraîchir les idées.
Il rit.
-Pour toi, elles seront encore bien plus fraîches. Je vais y exceller et tu auras un décor sublime.
-Merci.
-C’est tout ?
-Merci beaucoup, Djamel. Je te revaudrais ça.
-De quelle manière ?
Elle s’humecte les lèvres et tente de répondre calmement.
-Je ne sais pas encore. Mais une fois mon projet concrétisé, je vais y
réfléchir.
-Je ne pourrai pas attendre jusque-là pour t’inviter à déjeuner.
-À déjeuner ?
-Oui. Je ne vais pas faire encore une fois l’imbécile et te perdre. Tu ne peux pas savoir à quel point je m’en voulais de ne pas t’avoir demandé tes coordonnées.
Je me demandais si tu allais réellement m’appeler. Des jours sont passés sans que tu le fasses. Et maintenant que je t’ai au bout du fil, je n’ai vraiment pas l’intention de te laisser me filer entre les doigts.
-Mais tu ne connais encore rien de moi.
-Raison de plus pour faire plus ample connaissance. Allons, Nacéra, n’aimerais-tu pas retourner dans ce restaurant grand standing et déjeuner avec moi demain ?
-Demain ?
Elle se rappelle d’un coup Maissa et la famille qui se présentera.
-Demain nous recevons des invités. Je préférerais un autre jour.
-Une astuce pour te dérober.
-Je n’en ai aucunement l’intention.
-Alors je te rappellerai dans deux jours. Cela te va ?
-Oui. Je tâcherai de me libérer.
Ils s’en tinrent là avant de raccrocher chacun de son côté. Nacéra garde l’appareil un moment dans sa main tout en se demandant s’il elle n’avait pas rêvé tout ce qui venait de se
produire.
Djamel ! Elle pousse un soupir. Le nom était beau. Elle rit. Bien sûr qu’il doit l’être, puisqu’il indiquait la beauté. Un beau prénom pour un bel homme. Elle ferme les yeux et laisse son esprit vagabonder. Elle se dit que parfois il suffisait de peu pour décrocher les montagnes.
Elle avait juste tenté, son appel était juste un essai, mais cela avait bien marché. L’idée de décorer une salle pour son défilé de mode, non plus, n’était pas mal.
Elle s’était arrangée sans le savoir pour revoir cet homme autant de fois que cela lui serait possible. C’était un jeu simple et sans engagement. Elle repense aux paroles de l’homme.
Il voulait la connaître. Il s’était traité d’imbécile parce qu’il ne lui avait pas demandé ses coordonnées lors de leur dernière rencontre.
Elle l’intéressait donc.
Un coup à la porte de sa chambre la tire de ses méditations. C’était Maissa. Elle avait l’air plus reposée et un sourire sur les lèvres.
-Nacéra, je pense qu’il faut mettre maman au courant.
- Tu veux parler de Lyès ? Et si jamais il manquait à sa promesse ?
Maissa devint cramoisie et Nacéra s’empresse d’ajouter :
-Je lui en toucherais un mot demain dans la matinée.
-Et comment vas-tu t’y prendre ?
-Oh, ne t’en fais donc pas. J’ai plus d’un tour dans mon sac. Je vais d’ailleurs préparer quelques gâteaux et des jus afin de recevoir nos invités dans les règles de l’art, surtout dans de telles circonstances.

(À suivre) Y. H.


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