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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

2e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Fettouma, une vieille d’un ancien quartier de La Casbah, se remémore sa jeunesse. Elle n’avait pas du tout quitté les lieux où elle était née et avait grandi, et où elle vit jusqu'à ce jour. À elle seule, elle personnifie le vieil Alger.

1945 - LA CASBAH
Fettouma venait de boucler ses 15 ans. Elle n’était encore qu’une enfant qui aimait, certes, aider sa mère dans quelques menues tâches ménagères, mais passait aussi beaucoup de temps à rire et à s’amuser avec des voisines de son âge.
Un soir, sa mère vint la retrouver dans sa petite chambre qui était séparée de celle de ses parents par un simple rideau opaque.
Fettouma reconnut à l’air sérieux de sa mère que quelque chose se tramait. Elle avait déjà vu ça auparavant quand ses deux sœurs aînées s’étaient mariées. Elle ne s’était pas trompée. Sa mère lui tint un discours assez conséquent sur sa future vie de femme et de mère, avant de lui annoncer que son père venait d’accorder sa main à Mahmoud, leur jeune voisin du rez-de-chaussée.
Fettouma écarquille les yeux. La stupeur lui avait cloué le bec.
Elle se rappelle alors que, depuis quelques jours, sa mère ne cessait de la sermonner sur sa conduite avec les jeunes voisines, qu’elle trouvait inadmissible pour une fille de son âge. “Tu devrais te conduire plus posément et mesurer tes paroles et tes gestes. À ton âge, on est déjà une femme, Fettouma”, ne cessait-elle de lui répéter.
La jeune fille ressentait cette pression de plus en plus ces derniers jours. Mais comme il n’y avait absolument pas d’explication à toutes ces remarques, elle avait fini par battre en retraite pour se dire que finalement toutes les mamans se valent, surtout lorsqu’il s’agit de l’éducation d’une fille.
Mais ce soir, les dés sont jetés. Son père venait d’accorder sa main à Mahmoud !
Devant le regard interrogateur de sa mère, elle baisse les yeux et réprime difficilement un fou rire.
-Mahmoud ?
-Oui, Mahmoud. Tu as de la chance, Fettouma, que Si Tayeb, son père, n’ait pas cherché ailleurs une autre fille pour son fils.
-Mais Mahmoud n’est encore qu’un enfant et, il n’y a pas longtemps, on jouait même ensemble dans la cour.
-Et toi donc ? T’estimes-tu déjà femme ? Oh Fettouma, Mahmoud doit bien avoir 20 ans. C’est un âge raisonnable pour se marier. Ton père n’avait pas 17 ans lorsqu’il m’a épousée.
-Et toi quel âge tu avais ?
Lla Z’hor pousse un long soupir.
-Ah! moi, je ne me rappelle plus, peut-être 13 ou 14 ans. Je ne sais plus. Tu peux tout de même t’estimer heureuse de connaître ton futur mari, par contre, moi, je ne connaissais même pas ses traits.
-Mais c’est ton cousin que tu as épousé, maman, et non un
étranger.
Sa mère hoche la tête d’un air pensif.
-Oui, un cousin que je n’avais jamais rencontré, ni connu, jusqu’au jour de mes noces.

(À  SUIVRE) Y. H.


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