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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le psychopathe

31e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Anissa était tellement offusquée qu’elle ne prendra pas part au dîner servi par sa belle- mère.
Elle demande plutôt à se reposer, et sa jeune belle-sœur l’accompagne à sa chambre. Elle lui apprendra que Mourad n’allait pas tarder à rentrer.

Anissa se laisse tomber sur le lit.
-J’ai une terrible migraine, n’aurais-tu pas un comprimé d’aspirine, Leila ?
La jeune fille ouvre le tiroir de la table de nuit, et en retire un étui.
-Mourad a toujours de l’aspirine dans sa chambre. Lui aussi souffre souvent de migraines. Les médecins disent que c’est les nerfs.
-Les nerfs ?
-Oui. Mon frère est nerveux de nature, mais il n’est pas mauvais. Avec le temps, tu apprendras à le connaître, Anissa. Elle sort, et revient avec une bouteille d’eau et un verre. La jeune femme s’empresse d’avaler son comprimé, puis s’allonge sur le lit.
-Aurais-tu besoin d’autre chose, Anissa ?
-Non, merci, lorsque vous auriez terminé de dîner, demande à Ryma de me rejoindre.
-Sans faute.
Elle referme la porte derrière elle, et Anissa se met à contempler le décor de la chambre. En fait, elle n’avait rien d’extraordinaire. Un lit, deux tables de nuit, une commode et une armoire formaient le mobilier qui avait sûrement connu des jours meilleurs. Mourad n’avait pas jugé opportun de changer sa chambre à coucher. Combien de fois s’était-il donc marié ? Elle passe la main sur le couvre-lit usé, et repense aux dires de la vieille grand-mère “la nouvelle épouse” de Mourad.
Elle était donc, sans le savoir, la nouvelle épouse d’un homme divorcé. Un journal sportif était déposé sur la commode. Un porte-manteau cloué à la porte supportait une veste en lainage et un parapluie. Sur la table de nuit, qui se trouvait de l’autre côté du lit, trônait une veilleuse dont la lumière vacillante faisait mal aux yeux. Elle se lève et l’éteint, avant d’allumer le lustre de la chambre. Voilà qui est mieux, se dit-elle en se frottant les paupières. Elle remarque qu’on avait déposé ses affaires dans un coin de la chambre, et s’empresse d’ouvrir sa valise pour se changer. Elle avait l’impression d’étouffer dans son tailleur, et sa chemise en soie lui collait au corps. Comme elle aurait aimé prendre une douche ! La porte de la chambre s’ouvre et Ryma montre sa tête.
-Tu te sens mieux ?
Elle hausse les épaules sans répondre, puis lui fait signe d’entrer.
-Je ne sais pas si on peut prendre une douche dans cette maison lorsqu’on en a envie, ou bien faudra-t-il demander une autorisation en passant par la hiérarchie.
Ryma referme la porte derrière elle et se met à rire.
-Voyons, Anissa, pourquoi dramatises-tu tant les choses ? Ils ont sûrement une salle de bain et une citerne d’eau. Attends, je vais d’abord m’en assurer.
Elle sort, puis revient au bout de quelques minutes; la mine renfrognée.
-Leila m’a dit que la salle de bain avait été transformée en chambre depuis plusieurs années, et qu’en guise de douche, ils utilisent les toilettes. Les femmes partent au hammam une fois par semaine.

(À  SUIVRE) Y. H.


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