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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

32e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Kahina et Mustapha décrochent leur diplôme chacun de son côté. Ils sont enfin libres de vivre leur vie comme ils l’entendent. Tahar leur rend visite souvent. Sa famille vient de l’abandonner pour s’installer ailleurs. Comment a-t-il fait pour gâcher sa vie ?

Comme chaque fois que je me pose des questions à son sujet, il devance mes pensées pour me donner des réponses aussi inattendues qu’incroyables.
- Ma femme est ma propre cousine. Nous étions promis l’un pour l’autre depuis notre jeune âge. À l’âge adulte, je tentais de démontrer à la famille que nous étions différents en tous points, elle et moi, et qu’il faudra faire en sorte d’annuler cette promesse prise à notre insu, alors que nous étions encore des enfants. Mais les affaires de famille étaient traitées par les aînés.
Nos pères et notre grand-père avaient imposé leur dictature et récité la Fatiha à la mosquée du village, alors que je venais de décrocher mon bac. Mais je pus au moins obtenir une faveur : celle de terminer mes études avant de consommer le mariage. Une fois mes diplômes en poche, nous nous retrouvons unis pour le meilleur et pour le pire. Pour le pire surtout. Fadhéla et moi.
Il soupire :
- Nous nous sommes supportés tant bien que mal, jusqu'à ces dernières années. Les enfants avaient grandi, et ma femme s’estima en droit de gérer leur vie et de tracer leur avenir, sans même me consulter. Tous les trois rêvaient de partir loin de “ce coin perdu” comme ils ne cessaient de le répéter. Les choses allèrent vite ces derniers temps. Le plus jeune des garçons avaient contracté une maladie pulmonaire, et il n’en fallut pas plus pour mon épouse pour plier bagage et partir sous d’autres cieux.
-Où est-elle partie ? En France ?
-Non, au Canada.
Il passe une main nerveuse sur sa joue droite.
-Je ne cherche plus à savoir où ils ont trouvé refuge, ni ce qu’ils font. Mes gosses sont ingrats et ma chère cousine et épouse encore plus.
-Tu n’as plus de leurs nouvelles alors ?
-Si. De temps à autre, mon aîné m’appelle. Juste comme ça. Pour montrer qu’il avait peut-être une conscience.
Il hausse les épaules.
- Je n’en fais plus une histoire. Je leur souhaite de trouver le bonheur.
Un silence s’installe entre nous. La mélancolie de notre ami nous touchait profondément.
Au bout de quelques minutes, Mustapha me lance un regard, avant de proposer :
-Tahar, nous avons assez d’espace chez nous pour t’accueillir. Tu pourras t’installer ici si tu veux. Cela nous fera plaisir, et même Rym sera heureuse de te voir plus souvent à la maison.
Ému aux larmes, Tahar reprend son souffle avant de lancer :
-Vous êtes bien braves tous les deux. Je ne sais quoi vous dire. Vous êtes les enfants que j’aurais aimé avoir. Vous êtes mes enfants désormais, et je ne saurais vous remercier pour tout ce que vous faites pour moi.
Je l’interromps :
-Nous n’avons rien fait. C’est plutôt toi qui as construit notre vie et fait notre bonheur.
Nous sommes tes dévoués, et nous ne cesserons jamais de te remercier.

(À suivre) Y. H.


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