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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

33e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : La famille ​adhère à la demande en mariage de Lyès. Nacéra soupire d’aise.
Pas pour longtemps, car Lyès l’appelle pour lui demander de l’aider à acquérir un appartement. Djamel traverse ses pensées. Elle le contacte.
Il trouve sa voix trop triste.

Les mots lui restèrent en travers de la gorge alors qu’elle repensait à la conversation qu’elle venait d’avoir avec Lyès. Elle ferme les yeux. Avec tous ces problèmes qui surgissent en même temps, elle ne savait plus où donner de la tête. L’état de sa sœur l’inquiétait. Si elle leur dénichait rapidement un appartement à louer, cet homme va-t-il l’épouser dans les délais prévus et relever le défi de corriger sa faute ? Ou bien va-t-il brandir un autre subterfuge pour retarder l’événement avec tous les risques que cela suppose ?
-Allô. Tu es là, Nacéra ?
-Oui. Je m’excuse, je suis un peu distraite ce soir.
-Que se passe-t-il donc ?
-Rien. Nous nous verrons demain, Djamel. C’est promis, je serai au rendez-vous.
Elle raccroche sans plus attendre et se dit que l’homme n’était pas né de la dernière pluie et pourrait élaborer les scénarios les plus fous à son égard. En fait, si elle l’avait appelé, c’est qu’elle comptait amplement sur son aide pour mettre fin au cauchemar qu’elle vivait. Djamel est entrepreneur et connaît des promoteurs. Va-t-elle encore le tarabuster, alors qu’il y a deux jours à peine elle lui demandait de l’aider à organiser son défilé de mode ?
Mais tous ses projets paraissaient dérisoires face à la gravité de la situation. Elle soupire. Tant pis. Si elle doit se sacrifier pour sa sœur, elle le fera. Mais comment va-t-elle présenter les choses à Djamel ?
Elle secoue la tête. Elle n’ira sûrement pas lui relater que sa sœur est enceinte, et qu’elle est en train de supplier le père de son enfant de l’épouser dans les meilleurs délais pour éviter un scandale.
Elle saura lui présenter le problème sous un angle plus simple et plus convaincant.
Elle tourne en rond un moment dans sa chambre, avant de se rendre dans la cuisine où Maissa et sa maman discutaient.
Va-t-elle reporter sa conversation avec Lyès à sa sœur ? À quoi cela servira-t-il ? Maissa a été assez secouée ces derniers temps. Et bien qu’elle soit la première fautive dans l’affaire, Nacéra préféra garder le silence.
Le lendemain matin, elle se prépara à son rendez-vous. Elle choisit une jolie robe printanière, des escarpins à haut talons et se maquille discrètement. Comme elle n’avait pas eu le temps d’aller se donner un coup de peigne chez sa coiffeuse, elle relève ses cheveux et les retint en queue de cheval. Ce qui mettra en valeur l’ovale de son visage et ses traits réguliers.
Un coup d’œil à sa montre et elle remarque qu’elle pourrait arriver en retard à son rendez-vous si elle ne se dépêchait pas.
Maissa était sortie. S’était-elle rendue à la fac ?
C’était peu probable, car cette dernière avait annoncé qu’elle suspendait ses études jusqu'à nouvel ordre. C'est-à-dire jusqu’à son mariage ou peut-être même après son accouchement.
Nacéra hèle un taxi et lui indique l’adresse du restaurant. On était presque au milieu de la journée, et la circulation était intense. Le chauffeur tente d’engager la conversation avec elle, mais devant son air qui n’incitait pas aux confidences, il battit en retraite et se contenta de se concentrer sur la route. Enfin, après un long périple, ils arrivèrent au lieu indiqué. Nacéra s’empresse de descendre du taxi et de payer la course, avant de pénétrer dans le restaurant.
Tout comme la première fois, elle est tout de suite subjuguée par le décor extérieur, puis par l’intérieur vaste et frais à cette heure de la journée, où la température externe n’était pas clémente.
Elle se dirige vers la grande salle à manger, où plusieurs clients déjeunaient, et parcourt la salle des yeux. Un maître d’hôtel s’approche d’elle.
-Madame aimerait-elle s’installer ?
Nacéra continue d’inspecter les lieux avant de répondre :
-J’ai rendez-vous avec un ami dans ce restaurant.
-À quelle table ?
-Je n’en sais rien. Ce client est un habitué des lieux...
Elle ne termine pas sa phrase, car du fond de la salle, elle reconnaît Djamel qui venait de se lever et lui faisait de grands signes.
Elle s’empresse alors de se diriger vers lui. Il semblait heureux de la revoir, et l’embrasse sur les deux joues, avant de tirer une chaise pour l’inviter à s’asseoir.
Nacéra est encore une fois subjuguée par le physique de l’homme. Elle se dit qu’évidemment la providence se jouait de ses goûts, car il y a à peine deux jours, elle trouvait que Lyès aussi était élégant et très beau. Avant de rencontrer ce dernier, elle avait apprécié Djamel dans ce même restaurant, et voilà qu’elle revenait pour déjeuner avec lui, tels de vieux amis, alors qu’ils se connaissaient à peine.
-Comme je suis heureux de te revoir, Nacéra !
Elle sourit et relève les yeux vers lui.
-Je suis désolée pour le retard. La circulation...

(À suivre) Y. H.


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