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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le psychopathe

34e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Mourad s’impose à Anissa. Il lui demandera d’ores et déjà de ne plus se maquiller et d’abandonner son travail. Outrée, la jeune femme tente de riposter. En vain. L’homme était sûr de lui, et ne semble pas près de faire des concessions.

Il se met à rire, avant de reprendre son air sévère et de la tirer brutalement vers lui.
-Je n’ai aucun ordre à recevoir. Tu es ma femme, et j’ai tous les droits sur toi.
Elle tente de se dégager, mais il la maintient fermement contre lui.
-Tout comme les autres, tu vas exécuter mes instructions à la lettre. Si tu tentes de t’enfuir ou de me tenir tête, tu le regretteras pour le restant de tes jours.
Il sentait le tabac et un parfum qu’elle n’arrivait pas à définir. Il remarque sa grimace et relâche son étreinte. Mais comme elle étouffait un sanglot, il empoigne sa chevelure pour la tirer vers l‘arrière.
-Je ne supporte ni les pleurs, ni les lamentations, ni les plaintes. Tu devrais t’assumer comme toutes les femmes dans cette maison. Je veux dire, ma mère et mes sœurs, lorsqu’elles sont en visite. Mon père est trop vieux pour mener la barque à bon port. C’est donc moi l’homme de la famille, et c’est sur moi que tout ce beau monde compte. Désormais, tu devras suivre le troupeau.
De sa vie, Anissa ne se souvenait avoir passé une nuit aussi cauchemardesque. Aux premières lueurs de l’aube alors que son mari ronflait à ses côtés, elle s’était levée et était sortie sur le balcon de sa chambre pour aspirer quelques goulées d’air. Sa gorge la brûlait, et ses yeux étaient gonflés. Elle avait refoulé ses larmes autant qu’elle le pouvait, puis leur avait donné libre cours une fois que Mourad s’était endormi.
Qu’avait-elle fait de sa vie ? N’aurait-elle pas mieux fait de fuguer, comme le lui avait conseillé sa collègue, au lieu de subir toute cette humiliation ? Et encore, ce n’était que le début. Que lui cachait encore le destin ?
Elle entendit quelques bruits venant de la chambre d’à côté, et comprend que c’était sa belle-mère qui venait de se lever. Elle était bien matinale ! Cependant, avec sa vieille mère à charge, cette femme doit avoir du pain sur la planche, d’autant plus que ses deux filles étaient mariées et mères de famille. Et maintenant, elle va sûrement compter sur elle dans l’entretien de la maison et la cuisine. Anissa regarde ses ongles manucurés. Depuis qu’elle avait commencé à travailler, elle n’avait pas lésiné sur les dépenses pour se permettre des soins d’entretien corporels chez son esthéticienne. Une fois par mois, elle faisait un nettoyage de peau, et chaque semaine un brushing. Ces choses, aussi simples soient-elles, qui sont devenues des habitudes, elle va devoir les reléguer aux calendes grecques. Bientôt ses mains ne seront plus aussi lisses ni aussi douces. Elle va devoir aussi couper ses ongles très court, et éviter le vernis. Mourad lui avait bien signifié que désormais elle devrait éviter tout artifice. Un bruit derrière elle la tire de ses méditations.
-Alors, on est déjà levée ?
Elle se retourne et rencontre le regard froid de son mari. Ce dernier la tire par le bras.
-Tu attends quelqu’un ?
-Non. Pourquoi cette question. Aïe ! Tu me fais mal.
Il continue à lui tordre le bras.
-Pas aussi mal que ça. Je n’aimerais plus te voir sur le balcon, sauf pour étendre le linge, ou nettoyer les lieux. Compris ?
-Aïe ! Tu me fais mal. Lâche-moi !
-Pas avant d’être certain que tu as bien compris.
-J’ai compris. Je ne devrais plus me mettre sur le balcon.
Il relâche son bras.
-Bien. Maintenant, va voir si ma mère n’a pas besoin de tes services dans la cuisine.
Anissa frotte son bras endolori.
-Je ne sais pas si je devrais...
Il la pousse vers l’intérieur de la chambre.
-Écoute-moi bien, toi. Je n’ai pas l’habitude qu’on me tienne tête. Mes ordres doivent être exécutés sans tarder.
-Tes ordres ? Mais ne nous sommes pas dans une caserne. Je suis encore une nouvelle mariée, et je ne sais pas si ta mère appréciera ma compagnie de sitôt.

(À  SUIVRE) Y. H.


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