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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

37e partie

Résumé : Un soir, Kahina reçoit un coup de fil de son éditeur. Ses récits ont reçu l’accord d’être publiés. Dès demain, elle ira signer un contrat d’édition. Elle demande alors à son mari de l’accompagner, mais il l’exhorte à s’y rendre seule comme une grande.

 

Il s’approche un peu de moi.
-Tu as toujours été grande dans tes ambitions, pourquoi cette appréhension cette fois-ci ?
-Je... C’est que je ne connais pas encore bien cet homme, et...
-Tu n’as pas à le connaître. C’est ton éditeur désormais. Des contrats seront établis entre vous. Dans quelques semaines, tu verras tes récits publiés et distribués. Tu pourras même penser à faire une vente-dédicace.
-Déjà !
-Quoi, déjà ! Tu es ancienne maintenant dans le domaine de l’écriture. Tu as tes lecteurs, tes fans. Je suis sûr qu’ils n’attendent qu’un geste de toi pour se ruer dans les librairies.
Comme je gardais le silence, il poursuit :
-Dommage que Tahar ne soit pas là. Lui seul saura balayer tes hésitations.
Je souris à l’évocation de notre ami.
-Tahar sait comment présenter les choses. Il a le don de convaincre ses interlocuteurs.
-Oui. Je l’ai déjà vu à l’œuvre, sinon je ne t’aurais jamais épousée.
Le lendemain, je dépose ma fille chez ma mère, puis me rends à la maison d’édition. Djamel m’attendait pour signer mon premier contrat.
Tahar rentre enfin de son voyage. Un soir, alors que nous ne l’attendions pas, il nous rend visite  et se propose pour dîner avec nous. Nous étions heureux de le revoir. Ses conversations nous manquaient. Il se met à nous parler de sa tournée, des gens qu’il avait rencontrés, des expositions, du succès de ses œuvres. Mais de sa famille, il ne souffle mot. Nous comprenons qu’il n’avait pas eu de nouvelles et qu’il ne voulait pas trop en parler. Malgré son air jovial, je ressentais son chagrin. Pour le distraire, je lui parle de nos projets, en particulier de mes premières tentatives dans le monde de l’édition. Il en parut enchanté.
-Voilà une bonne nouvelle ! Si tu le permets ma petite, je vais mettre la main à la pâte moi aussi pour illustrer tes pages de garde.
-Tu feras ça pour moi, Tahar ?
-Pour qui d’autre voudras-tu que je le fasse alors ?
Je ne réponds pas. Je n’avais pas le droit de remuer le couteau dans la plaie. Tahar cachait dans son cœur tant de tristesse, et la déception se lisait dans ses yeux. Il regarde Mustapha qui mâchait tranquillement son steak et hausse les épaules.
-Je suis revenu pour vous deux.    
-C’est gentil à toi. Tu nous as manqué à nous aussi.
-C’est vrai, tu nous as bien manqué, mon cher maître.
Tahar se met à rire.
- Je me disais que vous êtes compatibles. Si compatibles, dès que l’un de vous deux ouvre la bouche, l’autre prend le relais pour parler à sa place.


(À suivre)
Y. H.


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