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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

37e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé :  Comme à chacun de ses retours furtifs à la maison, Salah tente d’être agréable avec son épouse, avant de disparaître à nouveau. Linda connaissait bien son programme et lui révélera qu’elle voulait travailler, car elle s’ennuyait.
Elle fait un geste circulaire de sa main.
- Oui, tu m’offres une belle villa, un véhicule, des bijoux et de belles tenues. Mais aussi (ses yeux s’embuèrent) une belle solitude. Je ne suis plus qu’un objet dans cette vaste maison. Un objet dont tu disposes à ta guise et que tu malmènes, car tu sais que je n’ai plus personne vers qui me tourner.
Salah se lève et tente de la prendre dans ses bras.
- Ma chérie, je...
Elle le repousse.
- Ne me touche pas. Va donc prendre ton bain et changer tes vêtements comme tu le fais à chaque fois avant de repartir pour une autre “mission”.
Ne pouvant soutenir le regard brûlant de sa femme, Salah baisse les yeux et dénoue sa cravate.
Clopinant sur sa béquille, Linda prend sa tasse de café et se dirige vers le salon.
Au bout d’un moment, Salah la rejoint devant la grande fenêtre qui donne sur le jardin où Youcef ramassait les feuilles mortes sous les arbres.
- Il a l’air sérieux. Mais peut-on lui faire confiance ?
- Que veux-tu dire par là ?, demande Linda d’un air indifférent.
- Je ne sais pas. Un homme seul avec une femme.
- Eh bien, tu n’as qu’à rester chez toi, mon cher mari, afin de le juger.
Sur ce, elle le plante là et disparaît dans la cuisine. Salah demeure encore un moment devant la fenêtre puis se retire dans la salle de bain. Un peu plus tard, il en ressortira pour monter dans sa chambre et en redescendre habillé de pied en cap. Il s’était rasé et parfumé, et avait sa mallette sous le bras et les clefs de son véhicule dans la main. Il retrouve sa femme dans la cuisine et ébauche un sourire.
- Je sais que tu t’ennuies, ma chérie. Permets-moi de te quitter pour deux petites journées, et à mon retour nous irons faire une belle balade à l’étranger.
Outrée, Linda relève le menton et lance :
- Oui. Tout comme celles que tu promets à chacun de tes passages à la maison.
Il lui lance un regard de reproche.
- Cette fois-ci je parle sérieusement. Laisse-moi juste le temps de liquider quelques affaires urgentes.
Excédée, la jeune femme pousse un soupir.
- Fais ce que tu veux. Je suis fatiguée de toutes ces histoires, Salah, et je ne veux plus rien savoir. Elle jette un coup d’œil à la pendule et remarque :
- Il est grand temps pour moi de me rendre chez mon médecin, et je ne suis même pas encore habillée.
Salah tire un portefeuille de la poche de son veston, et prend une liasse de billets de banque.
- Tiens, prends ça.
- C’est quoi tout cet argent ?
- Mais pour les frais du médecin et des médicaments. Je suis certain que tu n’as pas eu le temps de passer à la banque.
Linda regarde les billets, hésite, puis hausse les épaules et les prend sans dire un mot. Salah s’approche d’elle et l’embrasse sur les deux joues avant de quitter les lieux.
Elle entendit le moteur de la voiture, puis les grilles qui s’ouvrirent. Un mari volage, voilà ce que lui offrait le destin.

(À suivre) Y. H.


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