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A la une / Récit de Yasmina Hanane

Les racines de l’amour

37e partie

Résumé : Ghenima tente tant bien que mal de trouver une solution à une situation qui risquait d’engloutir sa raison et de porter préjudice à sa famille. Elle repense aux dires de Belkacem et de Mohand. Ce dernier lui a prouvé encore une fois qu’il tenait à elle, et ne l’avait exhortée à retourner chez elle que pour sauver la face.

Ghenima pousse un profond soupir.
Non ! Mohand ne l’abandonnera jamais aux loups des forêts ni aux loups de son village. Il fera tout pour la protéger. Le combat sera rude. Elle ne cesse de se le répéter. Mais quel que soit le résultat définitif, elle avait tiré sa conclusion. Elle ne sera jamais à Aïssa !
Mohand, lui aussi, avait juré sur tous les saints du village que ce “fou” ne l’aura jamais dans sa couche.
Elle sourit à cette évocation et se met à caresser sa longue tresse. Mohand reprendra le dessus. Et son père, par crainte du scandale, lui accordera sa main.
Elle passe une bonne partie de la nuit à se poser mille et une questions, tout en tentant de trouver des réponses logiques.
S’est-elle endormie ?
Lorsqu’elle avait rouvert les yeux, le coq avait poussé son cri matinal, et sa mère s’affairait à préparer le petit-déjeuner.
Ghenima s’étire. Elle jette un regard circulaire à la grande pièce et remarque que son père avait déjà quitté les lieux. Il était sûrement descendu au village pour prendre son café, afin d’éviter le regard désapprobateur de ses fils et du reste de la famille.
Fatiha vint les rejoindre et dépose son fils près de Zouina. Cette dernière le prend dans ses bras et se met à le câliner.
Ghenima la regarde un moment jouer avec lui, puis ébauche un sourire à l’encontre de Fatiha.
- Heureux qui comme un enfant ne connaît encore rien de la vie.
Fatiha hoche la tête.
- Oui. Mokrane n’est pas rentré de la nuit, Zineb est inquiète.
Zouina repose le gosse et se relève.
- Mokrane n’est pas rentré ? Où peut-il bien être, dit-elle d’une voix inquiète.
- Je ne sais pas, Yemma Zouina. Zineb n’a pas fermé l’œil de la nuit. Je viens de réveiller Belkacem afin qu’il descende au village le chercher. Peut-être a-t-il préféré passer la nuit chez l’un de ses amis.
- Ce n’est pas dans ses habitudes. Je pense plutôt qu’il a dû se saouler et qu’il est tombé quelque part en chemin. Mon Dieu, pourvu que les loups et les chiens errants n’aient pas fait de lui leur déjeuner.
Zouina tremblait de tout son être. Belkacem se montre et tente de calmer tout le monde.
- Je vais chercher Mokrane. Il est sûrement chez Akli, le vendeur de vin. Ils ont dû se la couler douce toute la nuit.
Zineb fait son apparition, le regard éteint et les yeux enflés.
- Oh Belkacem, mon frère, descend vite au village. Je n’arrive pas à rassurer les gosses, qui ne cessent de demander après leur père.
- J’y vais. Ne vous inquiétez donc pas. Mokrane a des habitudes qui ne sont pas toujours des meilleures, mais avec ce qui s’est passé hier, je comprends fort bien son attitude.


(À  SUIVRE)
Y. H.

 


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