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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

38e partie

Résumé : Yamina exhorte son mari à se lever et à prendre un bain. Dans l’intervalle, elle se prépare à se rendre à son magasin, non sans un petit pincement au cœur. Son mari était malade et sera seul pour le reste de la journée.

 

Slimane lui donne une tape sur l’épaule :
-Le devoir t’appelle, ma puce. Je suis moins exigeant que tes clientes, qui doivent s’impatienter. Va donc les rejoindre, je vais me débrouiller seul comme un grand garçon.
-D’accord Slimane. Mais promets-moi de m’appeler au cas où tu ne te sentirais pas bien.
-Ne t’inquiète donc pas pour moi. Allez, va au magasin et n’oublie surtout pas d’exposer tes nouvelles acquisitions.
Elle allait quitter les lieux, puis se ravise :
-Slimane, tu n’as rien avalé depuis hier matin. J’ai préparé un petit-déjeuner à ton intention. Tu devras l’avaler jusqu'à la dernière bouchée si tu veux me faire plaisir.
-Mais bien sûr, ma chérie. Et si cela peut te rassurer, je t’avoue que j’ai une faim de loup.
Slimane s’approche de sa femme et l’embrasse sur le front :
-Ne te fais donc pas de bile pour moi ma chérie. Je suis un vieux de la vieille, et ce n’est pas une petite toux qui va m’emporter.
Un peu plus sereine, Yamina se résigne enfin à se rendre à son travail.
À son arrivée au magasin, elle trouve plusieurs clientes qui l’attendaient, et d’autres qui venaient d’arriver. Tout en s’excusant de son retard, elle dépose ses affaires et se met tout de suite au boulot. Elle est heureuse de constater que les clientes suivaient ses conseils et ses orientations, et presque toutes semblaient satisfaites de leurs nouvelles acquisitions vestimentaires. Passant de l’une à l’autre, Yamina ne lésine pas sur ses recommandations : telle tenue devrait se porter avec des chaussures hautes et une autre avec une écharpe, telle robe sera plus remarquée avec quelques bijoux fantaisie, le beau tailleur à rayure fera une belle tenue de sortie, et elle le verrait bien avec un ras-de-cou en perles, une pochette et des escarpins. Pour gagner davantage la confiance de ses abonnées, elle leur propose de feuilleter les nouvelles revues de mode qu’elle venait de recevoir, et leur promet de belles surprises pour les prochains jours. L’après-midi sera encore plus fatigant pour elle. De futures mariées, accompagnées de demoiselles d’honneur ou de leurs mamans, n’avaient cessé d’affluer. Les unes voulaient des robes de présentation traditionnelles, les autres des tenues plus modernes ou une robe blanche avec tout l’arsenal des accessoires que cela nécessite, etc. Yamina, qui avait sauté le déjeuner, dut s’enfuir dans l’arrière-boutique pour prendre des nouvelles de son mari. Slimane répondit à la première sonnerie. Il lui sembla en meilleure forme et lui assura qu’il avait suivi ses instructions et avalé son petit-déjeuner jusqu’à la dernière bouchée. Elle se met à rire puis lui demande s’il avait pensé déjeuner. Il rit à son tour et lui avouera que non, mais qu’avec ce qu’il avait dans l’estomac, il n’y avait sûrement pas de place pour autre chose. Ce soir, il iront dîner dans un grand restaurant si elle le voulait bien. Yamina, qui ne sentait plus ses jambes, lui recommandera de prendre quelques fruits et de se reposer davantage. Elle raccroche enfin et revient dans le magasin qui ressemblait à un débarras avec tous les cartons qui jonchaient le sol et toutes les tenues et les chaussures qu’on avait étalées un peu partout. Les cabines d’essayage ne désemplissaient pas. Les clientes faisaient la chaîne et papotaient entre elles avant d’accéder à l’intérieur.


(À suivre)
Y. H.


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