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A la une / Récit de Yasmina Hanane

Les racines de l’amour

38e partie

Résumé : Lorsque Ghenima se réveille, elle constate que son père avait quitté la maison afin d’éviter le regard désapprobateur de la famille. Mokrane, lui, n’était pas rentré de la nuit, et Zineb, inquiète, vint demander à son beau-frère d’aller le chercher.

 

Le jeune homme s’empare de son burnous et le jette sur ses épaules, avant de sortir dans le froid matinal.
Les femmes, restées seules dans la grande salle, se regardèrent. Fatiha rompt enfin le silence.
- Je crois que Mokrane ne va pas tarder à rentrer. Le mieux pour nous maintenant est de nous occuper utilement, en attendant le retour de Belkacem.
- Qui a le cœur au travail dans de telles circonstances, lance Zouina, amère.
- Justement, Yemma Zouina. Ne nous laissons pas abattre. Tentons de faire face avec courage à toutes ces épreuves.
- Il y avait d’abord ce foutu mariage de Ghenima, et puis maintenant Mokrane.
Fatiha acquiesce d’un air sérieux.
- C’est ainsi. Quand un évènement se produit dans une famille, il en attire inéluctablement un autre. Bon ou mauvais, cela va de soi. Mais je suis certaine que Mokrane s’est endormi après une bonne cuite. Belkacem le retrouvera et le ramènera.
On attendit en silence le retour de l’enfant prodigue. Zineb n’avait plus desserré les dents, et Ghenima avait servi le petit-déjeuner à ses neveux, tout en repensant aux dernières heures qu’elle venait de vivre.
Hier encore, à cette heure-ci, elle était insouciante et heureuse, et vaquait à ses occupations quotidiennes, sans se douter un seul instant de ce que lui réservait le destin.
On entendit la porte d’entrée s’ouvrir. Belkacem portait plus qu’il ne traînait un Mokrane ivre mort, qui les regarda tous d’un air narquois avant de lancer une obscénité.
 -Chut ! Chut ! Mokrane, on ne dit pas ces choses devant les femmes. Allez, viens, je vais t’allonger sur ton lit, et tu feras un bon somme.
Mokrane se frotte les yeux et tente de les tenir ouverts. Mais l’alcool qu’il n’avait pas encore cuvé le rendait flasque et sans réflexes.
Belkacem l’entraîna vers sa chambre, où Zineb l’avait précédé et l’allongea sur sa couche.
- Couvre-le bien, et surtout ne faites pas trop de bruit. Il n’a pas cessé de boire toute la nuit, et seul un sommeil profond saura le remettre sur pied.
Zineb, soulagée quelque peu de retrouver son mari en vie, s’empresse de prendre une couverture pour le couvrir, puis éloigne les enfants et referme doucement la porte de sa chambre.
Zouina discutait avec Belkacem dans la cour.
- Où était-il donc ? Toujours chez cet ivrogne ?
- Oui. Je l’ai trouvé chez Akli. Il n’y avait pas d’autres endroits pour lui.
Zouina se frappe les mains.
- Vous serez tous la risée du village. Toute cette malédiction n’est autre que l’œuvre de ton père. Cela fait bien longtemps que Mokrane avait renoncé au vin. Je pensais qu’il n’allait plus y toucher.
Belkacem hausse les épaules.
- Que veux-tu, mère. Toutes les familles affrontent les aléas de la vie quotidiennement. Mokrane n’a pas supporté l’affront que nous a fait père. Il a trouvé refuge dans la bouteille.
Zouina hoche la tête.
- Et maintenant, que va-t-il se passer ?


(À  SUIVRE)
Y. H.

 


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