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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

39e partie

Résumé : Motivé par ce qui se tramait, Mahmoud pensait sérieusement à rejoindre le maquis dès que la révolution éclatera. Si Tayeb était fier de lui. Un jour, il en parla à Si Ahmed. Ce dernier approuve le geste de son gendre, mais s’inquiétera pour la famille.

 

Si Tayeb le rassura. La famille vivra à l’aise et ne manquera de rien. Il y veillera lui-même. Et lorsqu’il ne sera plus de ce monde, il y aura toujours quelqu’un pour le remplacer. Rachid grandissait vite, et dans quelques années, il deviendra un beau jeune homme et s’occupera de la famille.
Si Ahmed est ému. Si Tayeb n’était plus de la prime jeunesse, certes, mais au fond de ses yeux brillait cette flamme patriotique qui animait tous ceux qui aimaient la liberté et rejetaient l’oppression.
Lui-même se sentait fier à la perspective que Mahmoud aille au front combattre l’ennemi. Il se met à caresser sa moustache en repensant à ses petits-enfants et à Fettouma non sans un pincement au cœur, à l’idée que sa fille risquait de devenir veuve très jeune.
Il se remet à s’éventer et reprend sa discussion avec Si Tayeb. Leurs enfants ne devraient plus courber l’échine. Il était temps pour tout le monde de se “réveiller” de cette torpeur qui avait assez régné depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les massacres commis par le colonialiste le 8 mai 1945 étaient encore frais dans les esprits.
Quelqu’un les informa un peu plus tard que la révolution n’allait plus tarder à éclater. Dans les montagnes des Aurès et de la Kabylie, les dés étaient jetés, et on n’attendait plus que l’ultime signal.
Des noms sont cités. On répétait çà et là que les Français recherchaient activement certains
meneurs. Quelques familles furent même délogées de leurs maisons et délestées de leurs biens, sous prétexte qu’elles offraient le gîte et le couvert aux “hors-la-loi”.
La tension était papable dans tout le pays. Des renforts arrivaient tous les jours d’Europe, et les politiciens du monde entier avaient les yeux braqués sur l’Algérie.

1954 – La révolution
Quand on apprit que les premiers révolutionnaires avaient réussi à donner les premiers coups de feu, et que la guerre venait de commencer, tous les jeunes en âge d’être enrôlés dans l’armée française préférèrent prendre le maquis.
Les uns après les autres, les fils de la Casbah s’en allèrent rejoindre leurs aînés sur le front.
Ne restaient alors dans les grandes maisons aux arcades en marbre que les enfants, les femmes et les vieux.
Si Tayeb, dont la barbe blanche décorait un menton volontaire, savait que Mahmoud se préparait au grand départ.
Il attendit le moment propice pour lui en parler, et ils décidèrent en commun accord de ne pas informer les femmes. Ni Lla Kheira, ni Fettouma, ni lLa Zhor non plus ne doivent savoir qu’il va monter au maquis.
Dieu seul sait comment ces femmes vont réagir.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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