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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

3e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Fettouma apprend qu’on venait d’accorder sa main à Mahmoud, son jeune voisin du rez-de-chaussée. Encore un gamin estime-t-elle, alors qu’elle-même venait de boucler ses 15 ans. Sa mère lui assure qu’elle avait de la chance de connaître son futur mari.

Elle rejette les franges de son foulard dans son dos, avant de se lever et de conclure :
-En ce qui te concerne, ma fille, je crois que ton père a fait le bon choix. Où iras-tu dénicher un type comme Mahmoud ?
Un garçon sérieux, bien éduqué et travailleur. Et tu sais bien que de nos jours, le travail ne court pas les rues, et la misère  qui sévit a englouti des familles entières.
Elle brandit son index avant de poursuivre :
-Fettouma… Ne sois surtout pas exigeante et respecte le choix de ton paternel. Mahmoud me plaît beaucoup, et ton père ne cesse de faire ses éloges.
Fettouma passe la moitié de la nuit, les yeux grands ouverts dans le noir. Elle venait de recevoir une demande en mariage, mais son cœur ne s’était pas du tout emballé. Pourtant les jeunes voisines lui avaient prédit que ce genre de demandes ne laisse aucune femme sans réaction.
Il y en a qui ne vivent que pour cela. Des centaines de filles rêvent de ce jour assez particulier et décisif pour elles.
Fettouma enroulait et déroulait ses deux tresses autour de ses doigts. Elle aimait bien Mahmoud. Ce jeune brun à la moustache naissante faisait l’envie de plus d’une voisine, elle le savait bien. Mais pour elle, qui a toujours partagé ses jeux d’enfant, elle ne voyait en lui que ce grand frère qu’elle n’avait pas. Un ami d’enfance qu’elle ne voyait ces dernières années que très rarement.
Et quand il leur arrivait de se rencontrer au seuil du portail ou dans la cour parfois en fin de journée, ils baissaient tous les deux pudiquement les yeux. Mais Fettouma parfois croisait son regard, ou l’épiait à travers le rideau d’une fenêtre du rez-de-chaussée.
La jeune fille hausse ses épaules et se retourne plus d’une fois dans son lit : “Après tout, maman avait raison, vaut mieux Mahmoud qu’un inconnu. Et qui sait sur qui je pourrais tomber ? Les voies du destin sont impénétrables”, se dit-elle.   
Enfin, elle sombre dans un profond sommeil, et n’entend même pas sa mère se lever aux aurores pour préparer le café comme à ses habitudes, ni son père qui toussotait avant de descendre les escaliers pour se rendre à son travail.
Le soleil était assez haut dans le ciel, quand Fettouma daigne enfin ouvrir les yeux.
Elle s’étire, et se demande pourquoi elle avait cette bizarre sensation que quelque chose allait  lui arriver.
La mémoire lui revint d’un coup, et elle repense à la conversation qu’elle avait eue avec sa mère la veille.
Elle sourit et se lève, avant de relever le rideau qui la séparait de la grande chambre :
Ah ! te voilà enfin petite paresseuse, la sermonne sa mère… Il n’est pas trop tôt, tu as dormi comme une marmotte.

(À  SUIVRE) Y. H.


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