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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

40e partie

Résumé : La révolution éclate, et beaucoup de jeunes rejoignent le maquis. Mahmoud se prépare de son côté à partir au front. Si Tayeb l’encourage, mais lui interdit d’en parler à sa mère ou à sa femme. Sait-on jamais comment ces dernières vont réagir ?

 

Si Tayeb trouvera la bonne astuce, en faisant une proposition à son fils. Mahmoud devrait se déplacer dans une ville de l’Est pour l’achat de certaines marchandises devenues denrées rares ces derniers temps. Le jeune homme prendrait ses affaires et une bonne somme d’argent. Personne ne pourra deviner la suite. Si Ahmed, mis au courant, promet de garder le secret.
Au bout d’un mois, tout fut ficelé. Mahmoud avait pris contact avec des compatriotes, qui lui indiquèrent l’itinéraire à suivre afin d’éviter d’être arrêté en cours de route.
Il passe la dernière nuit avec Fettouma et ses enfants, qu’il ne cessa de contempler et d’embrasser. La jeune femme avait compris que son mari lui cachait la vérité sur ce départ qu’il préparait depuis plusieurs jours déjà. Elle avait voulu aborder le sujet avec lui, mais il avait refusé tout commentaire, arguant du fait qu’elle se faisait juste des idées et qu’il allait revenir au bout de quelques jours.
Fettouma avait à maintes reprises surpris des coups d’œil et des chuchotements entre son beau-père et Mahmoud, et même parfois avec son propre père.
Quel sujet pouvaient-ils donc aborder à voix basse ?
Elle savait que des voisins de l’âge de son mari avaient rejoint le maquis. Serait-ce le cas pour lui aussi ? Pourquoi son époux ne l’avait-il pas tenue au courant de ses projets ?
Elle sentit l’angoisse la gagner. De longues larmes roulèrent sur ses joues.
-Oh Mahmoud ! Je sais où tu vas te rendre. Je l’ai compris. Oh mon chéri ! Que vais-je devenir sans toi ?
Mahmoud lui caresse les cheveux.
-Chut, pas si fort Fettouma. Il ne faut surtout pas t’alarmer. Tâche de garder un visage serein devant les enfants, et surtout devant ma mère et la tienne.
-Mais pourquoi ne m’as-tu rien dit ?, sanglota-t-elle.
-Je ne pouvais pas deviner ta réaction. Vois donc comme tu pleures !
Elle renifle
-Oui. Je pleure. As-tu pensé qu’on risque de ne plus jamais te revoir, ni moi ni les enfants ?
-Oui, ça je le sais. Mais le devoir m’appelle. Mon pays a besoin de moi justement pour assurer l’avenir de nos enfants. C’est pour eux que je pars.
Fettouma se remet à pleurer.
-Et que vais-je leur dire à leur réveil demain matin, quand il demanderont après leur père ?
-Tout simplement que je suis en voyage. Mon père va veiller sur vous tous.
-Oui. Facile à dire. Et je vais devoir vivre dans l’attente et l’angoisse.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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