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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

41e partie

Résumé : Fettouma devine à la dernière minute que son mari allait rejoindre le maquis. Elle est éplorée. Mahmoud la console en lui assurant qu’elle et les enfants seront sous la protection de son père. Mais Fettouma devra désormais vivre dans l’angoisse.

 

Mahmoud acquiesce.
-Oui, ma chérie. Je le conçois. Tu vas vivre dans l’angoisse tout comme les autres femmes et mères de famille. Tu es courageuse, Fettouma, et tu n’es plus cette jeune fille effarouchée que j’ai épousée. Aujourd’hui, tu es bien plus mûre. Tu sais assumer tes responsabilités et faire face sans crainte à l’avenir. Grâce à Dieu, nous ne crevons pas la dalle. Nos magasins sont rentables, et tu ne manqueras de rien.
-Mais toi, tu vas me manquer.
-Vous me manquerez énormément toi et les enfants. Tant qu’il y aura un souffle de vie en moi, je ne cesserai de penser à vous tous. Mais si jamais un malheur arrive, sache que je t’ai toujours aimée. Tu es la mère de mes enfants, et celle qui a fait mon bonheur durant de longues années. Et surtout sois fière.
Très fière de ton mari qui mourra en martyr afin que l’Algérie soit libre et indépendante, et afin que les futures générations n’aient pas à rougir de leurs ancêtres. Fettouma avait les yeux rougis et le visage inondé de larmes.
-Je n’arrive pas à le croire.
-À croire à quoi ?
-Que tu vas partir comme ça. Nous quitter sans crier gare et t’exposer aux balles ennemies.
Mahmoud la regarde dans les yeux.
-Fettouma ! Demain tu raconteras à nos enfants que leur père était un combattant de la première heure. Qu’il n’avait pas hésité une seule seconde à répondre à l’appel de la patrie.
-Mais tu ne les verras pas grandir. Et hormis Rachid, les autres ne se rappelleront même pas de toi.
-Eh bien, je te charge de cette mission. Dès qu’ils atteindront l’âge de raison, tu leur rappelleras mon bon souvenir.
Sais-t-on jamais, peut-être que cette guerre prendra fin rapidement, et je reviendrais auprès de vous la tête haute et le cœur fier.
-Et si tu ne reviens pas ?
-Eh bien, je mourrai en paix, et heureux à l’idée que mes enfants vivront en toute quiétude sous le ciel de l’indépendance. 
-Tu crois que nous atteindrons cette indépendance, Mahmoud ? Tu crois que les roumis vont lâcher prise et rentrer chez eux sans rechigner ?
-La partie ne sera pas facile, certes, mais l’espoir est bien plus grand. Il faut y croire, Fettouma. Ces hommes qui ont déclenché la révolution savent très bien à quoi s’en tenir. Et avec l’aide de Dieu, nous gagnerons cette guerre.
Fettouma se calme. Son mari paraissait confiant, et elle comprit que sa décision était prise depuis plusieurs mois déjà.  
Elle passe le reste de la nuit blottie contre lui. Elle tente de s’imprégner de sa présence afin de le garder le plus longtemps possible dans ses souvenirs. Elle lui caresse les cheveux et le visage, et se promet de prier pour lui chaque jour, afin que Dieu le protège et le lui rende sain et sauf.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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