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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

43e partie

Résumé : Mahmoud est monté au maquis. Sa mère et sa belle-mère finiront par le savoir. Malgré leur fierté de lui, elles guettaient la moindre rumeur sur les arrestations et les assassinats. Si Tayeb et Si Ahmed ne cessaient de prier Dieu de venir en aide à tous.

 

Rachid demandait souvent après son père. Et Fettouma eut bien du mal à le consoler. Il était très attaché à lui, et se demandait comment il pouvait partir en voyage sans l’informer, et pourquoi il tardait à rentrer.
Si Tayeb le prenait alors avec lui au café et tentait de le distraire. Des enfants de son âge venaient de temps à autre jouer avec lui, et au fil du temps, il cessa de poser ces questions embarrassantes auxquelles Fettouma ne savait pas répondre.
Nacer et Meriem, trop jeunes, étaient moins loquaces. Nacer avait, certes, demandé une fois ou deux après son père, mais sans trop d’intérêt. Et sa petite sœur prononçait de temps à autre le mot papa, sans plus.     
Lla Kheira et Fettouma pleuraient, mais se retenaient de le faire devant les voisines. Ces dernières, même si elles avaient pour la plupart compris que Mahmoud était au maquis, ne le montrèrent jamais. Bien au contraire, quelques-unes d’entre elles exhortaient leurs maris et leurs fils à participer à la révolution. Sans citer de nom, elles apprirent à Lla Kheira que plusieurs voisins étaient montés au djebel dès la première heure. Et qu’à ce rythme, les prémices de l’indépendance ne vont pas tarder à poindre.
La vieille femme hochait la tête d’un air entendu. On admirait le courage de son fils parmi tant d’autres de ses compagnons, et elle en tirait une grande fierté. Si Tayeb la taquinait souvent sur ce point. Mais elle ne se détendait pas pour autant, et vivait dans la crainte et l’angoisse d’apprendre qu’un jour Mahmoud a été arrêté, torturé ou assassiné.
Comme toute mère, Lla Kheira n’écoutait que son instinct. Elle sentait son cœur palpiter à la première alerte. Et quand un jour une patrouille de soldats fit irruption dans la grande cour, elle crut que sa dernière heure était arrivée. Les étages et le rez-de-chaussée furent fouillés de fond en comble. On questionna tous les voisins, et on montra des photos en citant les noms de quelques maquisards. Les femmes, les mains sur la tête, étaient agenouillées dans la grande cour, et les hommes plaqués contre les murs.
-Alors, vous ne connaissez pas ces terros ?, demande un officier. Bien sûr, ils sont des vôtres. Vous n’allez tout de même pas vendre la mèche.
Les hommes seront longuement interrogés. Si Ahmed, qui parlait un français très correct, fut écouté avec respect. Il montre ses papiers d’ancien fonctionnaire à la mairie, et de ce fait, on s’adressa à lui et on lui posa toutes sortes de questions auxquelles il répondra sans ciller.

(À  SUIVRE)
Y. H.


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