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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

46e partie

Résumé : Deux moudjahidine, prisonniers, qui s’étaient évadés lors d’un transfert, se rendirent dans la grande maison de Si Tayeb. Ce dernier les reçoit à bras ouverts. Après avoir repris des forces, les deux évadés demandèrent à leur hôte de les aider à remonter au maquis.

 

Si Tayeb hoche la tête d’un air sérieux avant de répondre :
- Je vais voir ce que je pourrais faire pour vous, mes enfants. Je ne sais pas encore comment vous aider, mais vous pouvez compter sur moi. En attendant, tâchez de vous reposer et de dormir un peu. Chez moi, vous êtes en sécurité, et cette “cache” est un lieu sûr.
Il ressortit en ayant une pensée pour son fils Mahmoud. Ces hommes doivent être de sa génération. Ils paraissent encore jeunes et innocents. Mais la guerre finira par les mûrir. Il savait par des “proches” que Mahmoud était dans la Wilaya II et combattaient vaillamment l’ennemi. Il était fier de lui et se félicitait de l’avoir encouragé à servir son pays.
Ses yeux se mouillèrent. Le prix sera lourd. Bien lourd à payer pour l’indépendance du pays.  
Il alla retrouver Lla Kheira et lui raconta qu’il venait de mettre à l’abri deux combattants, évadés de prison. Sa femme pâlit.
-Et si jamais les soldats revenaient pour fouiller les lieux ?
Si Tayeb lui tapota l’épaule.
-Qu’ils viennent. Nous ne pouvons tout de même pas refuser le gîte à ces combattants. Ce sont nos fils et nos frères qui affrontent tous les jours les canons ennemis, et tu penses, Kheira, que je devrais leur fermer la porte au nez ?
Lla Kheira garde le silence. Son fils aussi aurait un jour besoin d’aide. Et si jamais il est capturé, jeté en prison et torturé ?
Elle ferme les yeux, comme pour chasser ces idées qui ne cessent de la hanter. Si Tayeb ébauche un sourire.
-Tu penses à Mahmoud, hein ?
Elle hoche la tête d’un air résigné.
-Eh bien, ma chère femme, notre fils et tous ceux qui sont avec lui n’ont qu’un seul et même but : recouvrer la dignité nationale et assurer l’avenir des futures générations. Autant donc nous rendre à l’évidence.
Elle pousse un soupir et se rallonge sur son lit. Des larmes inondèrent son visage. À ce moment précis, Fettouma fit irruption dans la pièce.
-Que se passe t-il ?, demande-t-elle d’un air inquiet, en voyant sa belle-mère pleurer.
-Oh, rien ma fille !, lui répondit Si Tayeb. Ta belle- mère pleure de chagrin, c’est tout.
Fettouma baisse la tête pour qu’on ne remarque pas ses larmes. En voyant les deux évadés que son beau-père avait accueillis, elle avait tout bonnement elle aussi pensé à son mari.
C’était dur. Trop dur de le savoir face à l’ennemi chaque jour que Dieu fait. Elle savait que des centaines de jeunes de son âge tombaient à tout instant sous les balles assassines. Où était donc Mahmoud en ce moment ? Que faisait-il ? Pensait-il à elle et à leurs enfants ?
Elle ressortit dans la cour et s’essuya les yeux. Meriem vint vers elle et s’accrocha à ses basques. Fettouma la soulève et la serre contre son cœur. Pauvre petite fille, qui ne connaîtra peut-être jamais son père.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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