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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le voyou

48e partie

Résumé : Après un après-midi bien rempli, Farid revient au quartier et remet les clefs du véhicule à Gamra, avant de rejoindre Karima qui l’attendait pour lui remettre l’intégralité de ses économies. À lui de jouer maintenant.

 

Farid ouvre l’enveloppe et y jette un coup d’œil.
- Tout l’argent. Même les intérêts ?
- Oui. Même les intérêts.
- Tu ne vas pas le regretter, Karima ?
- Pourquoi vais-je le regretter, puisque c’est pour l’appartement ? C’est un investissement sûr.
- Tes parents sont au courant ?
Elle secoue la tête.
- Tu penses bien que non.
Il lui entoure les épaules et l’attire contre lui.
- Bien joué, ma chérie. Je vois que tes sentiments envers moi n’ont pas changé.
Karima se dégage de son étreinte et se met à marcher de long en large dans la chambre. Elle avait un air anxieux qui n’augurait rien de bon. Il remarque son manège et fronce les sourcils.
- Qu’est-ce qui ne va pas ?
Elle s’humecte les lèvres.
- Maintenant que je te remets mes économies, j’aimerais voir cet appartement dont tu ne cesses de parler.
Il sourit.
- Ce n’est que cela ? Tu n’as donc pas confiance en moi, ma puce ?
- Si c’était le cas, je n’aurais pas retiré tout cet argent de mon compte pour te le remettre.
Karima ouvre l’armoire et retire la boîte à bijoux.
- Tiens ! Prends aussi ces bijoux.
- Tu devais les hypothéquer.
- C’est ce que je voulais faire, mais à bien penser, je préfère que tu rembourses tes dettes au plus vite. Qui sait si nous aurons plus tard assez d’argent pour payer tes créanciers. Prends les devants dès demain et va honorer tes engagements.
Il déglutit. La chance était vraiment de son côté aujourd’hui.
- Tu réfléchis bien, Karima. Je ne voulais pas te bousculer, tu vois. Hier tu hésitais encore.
- Plus maintenant. Prends l’argent et les bijoux, et fais-moi quitter au plus vite ce quartier maudit. J’en ai ma claque.
- Prends ton mal en patience encore quelques jours.
- Fais vite, Farid. Je n’en peux plus.
- Je te promets de faire vite.
Il met l’argent dans une mallette et sourit intérieurement. L’acte de propriété était en sa possession. Dans quelques jours, il fera visiter l’appartement à Karima, avant de penser sérieusement à le vendre et à en tirer un bon prix.
Il se change et se met au balcon. La nuit était assez chaude, et quelques badauds jouaient encore au bas de l’immeuble.
Karima le rejoint.
- J’ai promis à Feriel hier de l’emmener manger des glaces, lui dit-il
- Tu ne rentres jamais assez tôt pour ça.
- Et je t’avais promis à toi aussi une sortie en famille.
- Ce n’est pas grave. Cela pourra se rattraper.
- Tu vois ma chérie, je n’ai tout de même pas oublié. C’est juste une question de temps.
Elle lui jette un regard curieux, puis demande :
- Dis-moi, Farid, que fais-tu dehors toute la journée ?
Il se retourne vers elle, le sourire en coin.
- Oh, rien ma puce. Je traîne la savate un peu partout à la recherche d’un job.
- Et tu n’as rien trouvé ?
- Pas ce que je veux. Tu n’imagines tout de même pas que je vais travailler comme garçon de café !


(À suivre)
Y. H.


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