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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

50e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Mahmoud s’apprêtait à repartir lorsque Si Tayeb lui demande d’attendre dans la cour afin de s’assurer qu’il n’y a aucun danger. En attendant, le jeune combattant engage une conversation avec Fettouma qui lui parle de Lla Kheira.

Fettouma pousse un soupir.
-Si au moins c’était le cas. Non, elle ne paresse pas. Elle dirige la maison tout comme avant. Elle s’inquiète pour les enfants et pour toi. Mais elle a perdu de son autorité.
On dirait qu’elle est assommée. C’est le terme. Elle vit dans un brouillard. Parfois, on a l’impression qu’elle n’est plus parmi nous.
Mahmoud hoche la tête.
-Pauvre maman. Elle qui était si forte, si persévérante autrefois.
-Que veux-tu ! Cette guerre n’a épargné personne.
Si Tayeb revient vers eux.
-Quartier libre, Mahmoud. Mais pour plus de sûreté, Si Ahmed te demande de te déguiser en aveugle.
-Il a donc dû flairer quelque chose.
-Je ne le pense pas. Mais, conviens-en, par les temps qui courent, la prudence est de mise.
Il ôte son burnous et le tendit à son fils.
-Mets ce burnous, Mahmoud.
-Mais c’est le tien, père.
-Ne discute pas. Je ne suis pas à un burnous près.
Mahmoud endosse le burnous, puis met un chèche autour de sa tête, et complète le tout par une paire de lunettes noires et une canne que Si Tayeb lui avait procurée.
-Ainsi, on te prendrait pour un aveugle itinérant.
Il le serre longuement, avant de lui remettre une petite bourse.
-Va, mon fils, que Dieu guide tes pas. Si Ahmed va t’accompagner jusqu'à la sortie du quartier.
Mahmoud jette un dernier coup d’œil à sa femme, puis prend le couffin qu’elle lui tendit et sortit promptement de la grande maison.
Il faisait nuit, et la ruelle était plongée dans le noir. Mahmoud tâtonnait les escaliers avec sa canne. Ses lunettes noires ne lui permettaient pas de distinguer grand-chose. Si Ahmed vint à son secours et lui prend le bras.
Faisons en sorte que tu sois un aveugle à la recherche d’un gîte pour la nuit. Nous allons monter tout en haut du quartier, et de là, tu prendras la direction des hauteurs de la ville.
-Oui, je pense que quelqu’un m’attendra. J’ai donné rendez-vous à un homme d’âge mûr pour une remise de documents.
-Que Dieu nous vienne en aide.
Il l’accompagne jusqu’au détour d’un chemin qui chevauchait à travers les ruelles du vieux quartier, puis prend congé de lui.
Et bien qu’ils n’aient rencontré aucune patrouille sur leur chemin, il l’exhorte encore à la prudence.
Mahmoud enlève enfin ses lunettes et reprend sa marche d’un pas décidé. Si Ahmed attendit qu’il disparaisse au détour d’un escalier, avant de redescendre vers son quartier. Il se sentait le cœur léger et l’âme en paix. La nuit semblait paisible, et il entendait de temps à autre un éclat de rire, ou des voix qui s’échappaient des maisons mitoyennes.

(À  SUIVRE) Y. H.


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