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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le voyou

51e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : De retour à la maison, Farid rencontre son épouse au bas de l’immeuble. Elle se rendait à l’école. Il lui demande de l’accompagner chez un joaillier pour écouler les bijoux, mais elle le charge de le faire. Il décide en fin de compte de les hypothéquer.

Il quitte la maison, se rend à la banque où on lui fera remplir quelques formulaires, avant de lui remettre la somme de 200 000 DA, et un bon de dépôt qu’il doit remettre le jour où il pourra payer cette somme et récupérer les bijoux hypothéqués, moyennant un intérêt. Un délai de retrait lui sera aussi communiqué. Il sort de la banque et relit les deux bons. Karima aura-t-elle le temps de ramasser cette somme pour récupérer ses bijoux à temps ?
Cette question traverse son esprit un moment. Il hésite, puis hausse les épaules et retourne à la maison. Les économies de Karima retirées la veille de son compte d’épargne s’élevaient à 420 000 DA. Et c’est sans compter la somme que Lamia va lui remettre le lendemain et l’appartement de Houria qu’il s’apprête aussi à vendre.
“Mais tu es riche, mon vieux, se dit-il. Assez riche pour plaquer cette vie de misère que tu mènes et t’installer confortablement ailleurs.”
Il s’allonge sur son lit et allume la télé. N’entendant pas jouer Feriel dans l’appartement, il conclut qu’elle devait être chez la voisine, comme à ses habitudes. Il s’endort et ne se réveille que trois heures plus tard, lorsque sa femme pénètre dans la chambre, la petite à sa main.
- Tiens ! Tu es là, Farid ?
- Oui. Et j’ai dormi comme un loir.
Elle fronce les sourcils et lui touche le front.
- Tu n’es pas souffrant ?
- Mais non, mais non, dit-il en se dégageant. Je ne suis pas souffrant. Assieds-toi, je vais te montrer quelque chose.
Il retire les documents bancaires de la poche intérieure de sa veste et les montre à Karima.
- Garde-les chez toi, tu les présenteras à la banque le jour où tu voudras récupérer tes bijoux.
Karima jette un coup d’œil aux deux bons qu’il lui présentait puis relève les yeux vers lui.
- Tu les as hypothéqués finalement ?
- Tout compte fait, je crois que c’est la meilleure solution. Ainsi, nous avons un peu d’argent en plus pour l’appartement, et tu pourras faire d’autres économies et récupérer toutes tes bricoles. Je sais que les femmes regrettent toujours d’avoir bradé leurs bijoux à un moment de leur vie.
Karima sourit.
- C’est gentil d’avoir pensé à tout ça.
- J’ai pensé à toi aussi. À nous deux. Après tout, nous formons un couple, n’est-ce pas ?
- Oui, soi-disant.
Farid la tire par le bras.
- Je suis sincère avec toi. Tu es ma femme. Ne l’oublies pas.
- Sur le papier.
- Voyons Karima, tu oublies que nous avons Feriel. Que nous avons quand même vécu d’assez bons moments ensemble.

(À suivre) Y. H.


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