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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

51e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Si Ahmed accompagne Mahmoud qui, pour plus de sécurité, s’était déguisé en aveugle. Les hommes sillonnèrent les ruelles et les dédales de la Casbah dans l’obscurité. Arrivés sur les hauteurs, ils se quittèrent.

Si Ahmed revient dans la grande maison, où tout le monde semblait attendre son retour.
Il ébauche un sourire.
-Tout se passe bien. Mahmoud a pu quitter le quartier sans trop de mal.
-Ouf ! Rendons grâce à Dieu, lance Lla Kheira.
Fettouma sert un café aux deux hommes, et Si Tayeb lance avec un demi-sourire :
-Si on peut parler de chance par les temps qui courent, nous en avons eu, au moins, celle de revoir Mahmoud après toutes ces années.
-Oui. Je me réjouis surtout pour les enfants, rétorque Si Ahmed.
-Eh nous autres alors ?, lance Fettouma.
-Oh, je ne doute pas que cela a dû vous faire plaisir à tous ! Mais tout de même tant que cette guerre n’est pas finie, nous ne pouvons retrouver notre quiétude d’autrefois.
Si Tayeb caresse sa barbe d’un air pensif avant de répondre :
-La guerre, ma fille, est toujours amère. Elle a de tout temps été une rude épreuve pour les humains. Vois-tu, pour nous autres, c’est mourir ou périr. Nous n’avons pas d’autres choix que de combattre nos ennemis, quel que soit le prix à verser, nos enfants ne devront plus subir les affres colonialistes. Si nous refusons de réagir, les futures générations auront honte de nous, et nous reprocherons jusqu’à la fin des temps d’avoir laissé le bled aux mains de ces “roumis”, qui les exploiteront sans merci.
Si Ahmed hoche la tête.
-À quelque chose malheur est bon. Tout comme ses précédentes, notre guerre nous permettra de relever le défi.
Fettouma, qui avait déjà mis ses enfants au lit, aide Lla Kheira à se rallonger sur sa couche puis prend congé de son père et de son beau-père, qui ne semblaient pas encore prêts à aller se coucher.
Elle rejoint ses enfants dans sa chambre et s’allonge sur son lit. Le sommeil ne venait pas. Son esprit vagabondait. Où pouvait être Mahmoud en ce moment ? A-t-il repris la route du maquis sans encombre ?
Elle n’osait penser au pire. Pourtant, au fond d’elle-même, elle savait que le pire pouvait frapper à n’importe quel moment.
Elle jette un coup d’œil à ses petits, endormis collés l’un à l’autre, et sent ses yeux se mouiller. Auront-ils encore l’occasion de revoir leur père ?
Elle tente de conjurer le mauvais sort avant de murmurer une prière : “Dieu faites que mon mari revienne vers nous, et que cette guerre prenne fin le plus tôt possible.”
Au petit matin, elle sentit enfin ses paupières se refermer. Elle sombra alors dans un sommeil profond, et sans rêves. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, il faisait déjà jour. Ses enfants s’étaient levés et jouaient devant la porte grande ouverte de la chambre.
“J’ai dormi comme une marmotte”, se dit-elle en s’étirant, avant de s’extirper de son lit.
Elle se rend tout d’abord chez sa belle-mère et trouve cette dernière encore endormie. Si Tayeb a dû sortir très tôt. Une odeur de café frais flottait dans l’air. Comme à ses habitudes, le vieil homme a dû se préparer une bonne tasse de ce breuvage qu’il affectionne particulièrement.

(À  SUIVRE) Y. H.


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