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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

53e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Tahar allait entamer la suite de son récit, mais Kahina lui demandera de patienter le temps du briefing. Elle lui proposera un café et lui permettra de fumer une cigarette, mais pas plus. Tahar reconnaît en elle la femme soucieuse du confort des siens.

Une demi-heure plus tard, j’étais de retour. Tahar avait fumé non pas une cigarette, mais quatre. Les mégots dans le cendrier et le bureau enfumé en étaient la preuve formelle. Je secoue ma tête :
-Je ne peux pas travailler dans une telle atmosphère.
Il passe la main sur sa joue droite, comme à chaque fois qu’il voulait prouver qu’il n’avait fait que suivre les envies d’une âme en détresse :
-Tu m’en vois désolé... Je suis un vilain garçon qui ne sait pas écouter les bons conseils, ni les appliquer non plus.
J’ouvris la fenêtre toute grande, avant de me rassoir devant mon bureau :
-Bon, tu peux commencer.
-Tu es impatiente de connaître la suite du récit, n’est-ce pas ?
-Je suis plutôt très curieuse. Heu… tu m’excuseras, mais j’ai vraiment du mal à croire qu’un homme tel que toi était né sourd.
Il acquiesce :
-Je comprends. Cependant, il faut que tu saches qu’hormis ma proche famille, personne n’est au courant de cet handicap sensoriel dont j’avais souffert dans ma petite enfance. Plus tard, quelques spécialistes m’avaient confirmé que j’avais dû naître avec des bouchons dans les oreilles qui ont fini par éclater. C’est l’explication la plus rationnelle qu’ils ont trouvée. Il se frotte les mains et relève les yeux vers moi :
-Ma mère croyait au mauvais œil, et quand j’eus l’âge de comprendre certaines choses, elle me certifia que c’était peut-être une des tantes qui m’avait jeté un mauvais sort, qui s’est dilué avec le temps.
Il hausse les épaules :
-Peu importe les raisons de cette surdité, je peux remercier le Créateur de m’en avoir définitivement débarrassé.
-Les Anciens diront que tu es béni.
-C’est un peu ça. La patience de ma pauvre mère avait fini par porter ses fruits.
-Et ensuite, que s’est-il passé ?
-Eh bien, tout alla très vite pour moi. Je poursuis une bonne scolarité.  Au village, on me citait en exemple. Dans l’intervalle, j’avais aussi développé le don de dessiner n’importe où et sur n’importe quoi. Je faisais des caricatures, des esquisses avec mon crayon, reprenais certains croquis à l’aide d’un pinceau improvisé avec des bouts d’herbes sèches, aidais ma grand-mère à embellir ses poteries par des symboles berbères propres à notre village… etc. J’étais si doué que même à l’école, les enseignants et les responsables me demandaient de décorer les salles de classe, les halls, la petite scène du théâtre scolaire.
J’étais devenu l’écolier indispensable sur qui on pouvait compter en toutes circonstances.
-Et jusqu'à ce jour, les gens qui te connaissent comptent beaucoup sur toi…
-Hum… oui. Je suis le serviteur fidèle qui sait reconnaître le bon grain de l’ivraie.
-Je présume qu’après tes études primaires, tu as rejoint la grande ville.

(À suivre) Y. H.


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