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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le psychopathe

54e partie

Résumé : Mourad accuse sa femme d’être la seule responsable dans ce qui leur arrivait. Dr Malek arrive sur les faits et remarque tout de suite que sa patiente n’était pas à l’aise. Il quitte les lieux en promettant de revenir plus tard. Pour quelle raison ?, demande Mourad.

Elle hausse les épaules.
-Prendre de mes nouvelles, bien sûr.
-Il y en a combien qui veulent prendre de tes nouvelles dans cet hôpital ?
Anissa ferme les yeux. Mourad ne lui donnait aucun répit. Aurait-elle mieux fait de déposer une plainte contre lui et le faire coffrer pour plusieurs mois ?
-Tu ne réponds pas ? Cela veut-il dire que ma question te dérange, ou bien n’arrives-tu pas à me donner le nombre exact des hommes qui viennent te rendre visite ?
-Mourad !
Elle n’avait pu réprimer son exclamation. L’infirmière arrive sur les faits.
-Quelque chose ne va pas,
madame ?
-Non, je discutais avec mon mari.
-Votre mari ?
L’infirmière fronce les sourcils et se tourne vers Mourad qui, sans lui laisser le temps de placer un mot, lance :
-Oui. Je suis son mari. Celui qui l’a amochée. Vous êtes contente de me rencontrer à son chevet ?
La soignante, ne sachant quoi répondre, s’approche de sa malade pour arranger ses oreillers, avant de prendre sa tension.
Mourad dandinait. Il laisse passer un moment, puis se dirige vers la sortie en lançant :
-Voilà, je m’en vais. Ainsi, tu auras toute latitude de recevoir tes amis.
Son ton ironique n’échappe pas à l’infirmière, qui ne se retiendra pas pour rétorquer :
-Bonne soirée, monsieur. À la prochaine.
Le visage de l’homme vire au rouge. Il semblait sur le point de revenir sur ses pas pour étrangler cette femme qui a osé lui répondre. Anissa lui lance un regard suppliant. Il prend alors une lente inspiration et quitte les lieux.
-Bon débarras, murmure
l’infirmière.
Elle passe une main caressante sur le visage de sa patiente.
-Je ne sais pas comment vous faites pour supporter cet énergumène. À votre place, je l’aurais largué depuis belle lurette.
Anissa hoche la tête.
-Oui. C’est facile à dire. Où irais-je donc avec un enfant sur les bras ?
-Chez vos parents. Dans votre famille.
-C’est justement mes parents et ma famille qui m’ont obligée à épouser ce fou.
-Vous êtes mariée depuis longtemps ?
-Quatre années.
-Et durant tout ce temps, vous avez courbé l’échine en vous laissant
faire ?
-Je n’avais pas le choix.
-Vous auriez pu le quitter et partir ailleurs.
-Ça aurait été le cas si je travaillais. Mais comme je n’ai aucune ressource pour vivre décemment, je me suis vue dans l’obligation de me sacrifier et de supporter cette vie infernale pour l’avenir de ma fille. Elle repense à Ilham et à ses propos. La petite n’aimait pas son père, elle le savait déjà, mais aujourd’hui elle le lui avait elle-même confirmé.
L’infirmière qui terminait de refaire ses bandages hoche la tête.
-Je vous comprends. Mais je pense aussi qu’il est grand temps pour vous de prendre plutôt votre avenir en main. Sinon, c’est votre fille qui en fera plus tard les frais.
-C’est certain.


(À  SUIVRE)
Y. H.


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