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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

54e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Fettouma apprend par une infirmière que son mari venait de tomber au champ d’honneur. La nouvelle l’assomme. Mais elle se reprend vite pour chercher le moyen d’annoncer elle-même cette nouvelle à ses enfants et à ses beaux-parents.

La jeune infirmière se lève, et jette un coup d’œil à sa montre-
bracelet :
-Désolée ma chère amie… J’aurais aimé t’annoncer une meilleure nouvelle.
Fettouma hoche la tête sans pouvoir répondre.
-J’aurais voulu pouvoir rester davantage avec toi,  poursuit la jeune fille,  mais tu connais ma situation. Personne ne devrait savoir qui je suis, ni pourquoi je suis
venue.
Fettouma la retint par le bras :
-Veux-tu que je te donne un haïk ?
La jeune fille hésite, puis
acquiesce :
-Ce serait une bonne idée. Avec un haïk, je passerais inaperçue à travers les ruelles du quartier.
Elle enfile le voile blanc que la jeune veuve venait de lui remettre, puis l’embrasse longuement avant de la quitter en lui murmurant : “Que vive l’Algérie”.
Au seuil de la grande porte d’entrée, elle jette un coup d’œil inquisiteur avant de se mettre à monter rapidement les escaliers.
Un peu plus loin, elle rencontrera  une patrouille de soldats qui la dévisagèrent sans vergogne  en lui lançant des obscénités. Elle remercie alors la providence, de lui avoir permis de se camoufler dans ce haïk généreusement offert par Fettouma.
Ces hommes l’avaient sûrement prise pour une vieille femme dans cette obscurité ambiante.
Sinon ils n’auraient fait d’elle qu’une bouchée !
Elle arrive enfin au bas de la ruelle et pousse un long soupir. Maintenant il ne reste plus qu’a rejoindre les autres pour remonter au maquis.       
Fettouma faisait les grands pas dans sa chambre. Des questions se bousculaient dans sa tête.
Son cœur saignait et son âme  criait grâce.
La souffrance la submergeait. Elle se rassoit un moment sur son lit. Les enfants ne vont pas tarder à rentrer.
C’était déjà l’heure du dîner. Aura-t-elle le courage de garder un air serein devant eux et de leur servir à manger sans qu’ils se doutent de quoi que ce soit ?
Refoulant ses larmes, elle tente d’afficher  un air serein, avant de se lever pour se diriger vers la chambre de sa belle-mère.
Cette dernière était  assise dans son lit et égrenait son chapelet. La jeune femme évite son regard et se dirige  d’un  pas lent vers le coin le plus sombre de la pièce afin de dresser la table  pour le dîner mais le cœur n’y était pas.
Elle laisse tomber son couteau et se laisse elle-même tomber sur un tabouret.
Lla Kheira relève  promptement sa tête et  lui jette un regard
curieux :
-Qu’as-tu Fettouma ? Approche un peu par là que je te vois de plus près…
Fettouma ne bronche pas. Ses jambes refusaient de la porter. Un sanglot s’échappe de sa gorge.
La  vieille femme se redresse, tous ses instincts en éveil :
- Que se passe-t-il Fettouma ? Que me caches-tu ? Pourquoi sanglotes-tu ainsi dans le noir ?

(À  SUIVRE) Y. H.


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