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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

55e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Tahar reprend son récit. Il parle de lui, de ses études supérieures, de ses penchants pour la littérature et la psychologie. Il prétend qu’un lien étroit liait ces deux disciplines. Ses lectures le prouvaient, et sa peinture encore plus.

Tahar parlait d’une voix claire et chaude. Il accentuait ses phrases par des gestes sûrs, et son visage expressif ne laissait personne indifférent. Ici, dans mon bureau, il me sembla encore plus grand et plus enclin à parler de sa vie comme jamais il ne l’avait fait auparavant. Il toussote, se verse un verre d’eau, et en prend quelques gorgées, avant de mettre la main dans la poche de son veston à la recherche de son paquet de cigarettes.
-Non ! Tu ne vas plus fumer, Tahar. Pas ici.
Il bat en retraite et m’adresse une grimace :
-Tu es un peu comme ma mère. Elle n’aimait pas me voir fumer.
-Elle avait bien raison.
Il termine de boire son verre d’eau, puis se racle la gorge et reprend :
-Bien... Alors où en étions-nous ?
-Avec tes élucubrations philosophiques sur les artistes.
-Ah oui ! Heu… je me suis un peu égaré de mon chemin. Je devais plutôt te raconter la suite de mon récit.
-Qu’à cela ne tienne, nous avons encore le temps devant nous. Et puis, je ne trouve pas mal tes pensées sur l’art et ses dérivés.
-Kahina… tu es une femme belle et intelligente. Je sais que je ne parle pas à une demeurée. Dans le cas contraire, je n’aurai pas pris la peine de dévoiler une partie de ma vie à  une femme qui n’aurait rien saisi.
-Alors continue. Je suis vraiment passionnée par tes élocutions.
Il prend une lente inspiration, et poursuit :
-J’aime parler lorsque je sais que je suscite l’intérêt de ​mon auditoire. C’est un peu prouver aussi que le psychologue qui fait parler son patient pour le soulager rejoint un peu l’écrivain qui épouse les mots et donne naissance à des expressions pour soulager son être, ou plutôt pour titiller le don qu’il a hérité à sa naissance, et dans le même contexte, permettre à ses lecteurs de s’abreuver à la source du savoir.
Il rit :
-Tu vas finir par te désintéresser, je suis incorrigible, Kahina. Une fois mis en route, je n’arrête plus de parler.
-Je ne veux pas justement que tu t’arrêtes. Je   dois t’écouter jusqu’au bout, afin d’enrichir ma chronique.
-C’est ça. Je te donne de la matière, ma belle, et tu m’en vois ravi.
-Pas autant que moi. Je... je découvre en toi, la facette cachée d’un artiste qui se recherche encore, et d’un homme qui a souffert mais qui a su traverser les tempêtes et se maintenir à flot...
-Bien ! Alors écoute : lorsque j’obtins mes deux diplômes, d’aucuns pensaient que j’allais chercher du travail et me caser. Ma mère n’attendait qu’un signe de moi pour donner le coup d’envoi d’une fête de mariage dont elle rêvait depuis longtemps. Elle voulait aussi mettre fin à un deuil qui durait depuis des années.

(À suivre) Y. H.


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