Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

56e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Lla Kheira avait reçu un tel choc qu’elle perdit connaissance. On tenta de la ranimer, mais on comprit vite que la pauvre femme avait besoin d’un médecin. Ce dernier l’ausculte avant de déclarer que le cœur de la vieille femme menaçait de lâcher.


Si Tayeb remercie le toubib et l’accompagne jusqu'à la porte, avant de faire signe à Si Ahmed pour le charger de l’achat des médicaments. Lui n’en pouvait plus.
Il sentait ses forces le quitter et le courage lui manquer.
Si  Kheira le quittait, il se retrouverait seul et  bien malheureux. Il s’était, certes, préparé au départ de Mahmoud, mais personne ne pouvait ressentir le cauchemar qu’il vivait en ce moment… Il n’admettait pas encore que son fils ne reviendrait plus.
Et puis il y a Kheira qui mourait à petit feu…
Il sentit une petite main se glisser dans la sienne. C’était Rachid. Il le prend alors dans ses bras et laisse ses larmes couler à flots sur ses joues.
Fettouma, soutenue par sa mère, ne pleurait plus. Ses yeux s’étaient taris. Cependant, on  aurait juré que son visage s’était momifié. Aucun trait ne bougeait et ses gestes étaient mécaniques.
Des voisines l’entourèrent dans la grande cour, et quelques-unes proposèrent leurs chambres pour accueillir des gens qui arrivaient de toutes parts pour présenter leurs condoléance à la famille de Mahmoud. Il n’était plus question de déranger Lla Kheira qui n’avait toujours pas repris connaissance…
Lorsque Si Ahmed revient avec les médicaments, la vieille femme ne respirait plus.
On rappelle le médecin, qui ne put que constater le décès. Le deuil dura plusieurs jours. On pleura longtemps les chers disparus. Si Tayeb, effondré, perdit le goût de vivre et ne retrouva un semblant de sérénité que grâce à la présence de sa fille Malika à ses côtés. Cette dernière  demeura  plusieurs semaines auprès de son père et de sa belle-sœur.
Malgré son grand chagrin, elle sut faire face avec abnégation  et dignité à ce dur coup du sort. Certes, Fettouma avait aussi ses parents auprès d’elle. Mais à la pensée que ses enfants allaient grandir sans plus jamais revoir leur père, elle était submergée de chagrin et de tristesse, et son état mélancolique dura plusieurs mois.
Tout comme Mahmoud, d’autres jeunes voisins tombèrent l’un après l’autre au champ d’honneur. Des familles sombrèrent dans le deuil et la désolation. Néanmoins, on se rendit à l’évidence : le pays ne pourra recouvrer son indépendance, et son identité, sans  sacrifier ses meilleurs enfants. Le sang coulera encore durant deux autres années, avant que le drapeau algérien ne flotte très haut dans le ciel de la liberté.

1962 – l’indépendance
Les maquisards rentrèrent. Des invalides de guerre et de grands blessés, fort nombreux, retrouvèrent leur famille, mais plus jamais, leurs forces et leur santé quand ce n’est pas leur raison. Des condamnés échappèrent par miracle à la guillotine, grâce au cessez-le-feu du 19 mars 1962. Le 5 juillet 1962, l’Algérie est enfin libre et indépendante.
Le peuple accueillit ses héros et pria pour le repos des disparus. Le pays inscrira fièrement son nom, en lettres d’or, dans les recueils historiques du monde entier. Désormais, les générations montantes peuvent aspirer à une vie meilleure et à un avenir prometteur.

(À  SUIVRE) Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER