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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

57e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Après plusieurs années de combats et de sacrifices, l’Algérie recouvre enfin son indépendance, et son drapeau flottera très haut dans le ciel de la liberté. Les combattants rentrèrent du maquis… Le peuple est enfin tranquille pour son avenir.
Fettouma, comme toutes les veuves de chouhada, pleura amèrement ce jour-là la mort de son mari, mais afficha aussi une fierté non déniée. Son visage rayonnait. Elle sortit en compagnie de Rachid et Nacer pour défiler avec les autres femmes de son quartier. Fiers de leur père, les garçons brandissaient haut le drapeau de leur pays, tandis que leur mère poussait des youyous stridents.
Si Tayeb, anéanti par le chagrin, et dépassé par les évènements, avait pris un sacré coup de vieux. Il ne quittait plus son lit et savait qu’il n’en avait plus pour longtemps. Fort heureusement, il avait déjà préparé son testament et ses petits-enfants n’auront pas à mendier. Rachid faisait de bonnes études et Nacer le suivait de près. La petite Mériem était à neuf ans une véritable fée de maison, mais de son côté, songeait à approfondir son savoir et travaillait tout autant que ses aînés pour décrocher les meilleures notes à l’école.
-Pourquoi pas, se disait Si Tayeb. Les filles doivent avoir, elles aussi, leur part dans l’avenir du pays. Fini le temps où, dès leurs premiers pas, on les préparait à devenir des femmes au foyer.
Si Ahmed et Lla Z’hor, ayant de leur côté pris de l’âge, ne purent sortir fêter ce jour béni et tant attendu. Ils tinrent compagnie à Si Tayeb, et ils évoquèrent, tous ensemble, d’anciens souvenirs de leur quartier, qui avait servi de repli aux maquisards, lors des descentes improvisées des soldats français. Bien sûr, en ce grand jour,   leur conversation bifurquera aussi vers Mahmoud, et vers tous les voisins, tombés au champ
d’honneur.
La tristesse s’alliait à la joie. Il était écrit que seul le sang effacera les 130 années d’occupation, de privations et de misère.
-Tant mieux pour nos enfants et nos petits-enfants, lance Si Ahmed, les larmes aux yeux et le sourire triste. Au moins, nous reposerons en paix, rien qu’à la pensée de les savoir libres et
indépendants.
Si Tayeb acquiesce sans rien dire. Il repense à Kheira… Qu’aurait-elle ressenti en ce moment si elle était encore de ce monde ? De la tristesse ? De la joie ? Ou tout simplement, tout comme lui, un mélange des deux ?
Il refoule ses larmes et demande à Si Ahmed de prendre soin de ses petits-enfants et de Fettouma.
-Je sais que je n’en ai plus pour longtemps, mon cher ami… Mais je sais aussi que tant que tu es là, je pourrais m’en aller le cœur
léger.  
-Ne dis pas cela Si Tayeb. Seul Dieu sait ce qui nous attend… Peut-être partirais-je avant toi.       
Si Tayeb esquisse un sourire
triste :
-Nos vies sont entre les mains de Dieu. Mais au point où j’en suis, je sens tous les jours mes forces m’abandonner un peu plus. Et puis même si je dois partir, mes petits-enfants n’auront pas à en souffrir. Je leur lègue tous mes biens, et vous serez là toi et Z’hor pour prendre soin d’eux.
-Que Dieu t’accorde une longue vie Si Tayeb, lance cette dernière, les larmes aux yeux.
-J’aimerais juste avoir votre promesse…

(À  SUIVRE) Y. H.


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