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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

5e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Merouane reprochera à sa fiancée de le faire languir, mais Farida ne voulait pas d’un mariage hâtif. Elle-même n’était plus maîtresse de son temps et s’investissait tellement dans son boulot qu’elle oubliait ses petits plaisirs quotidiens.

Merouane la sermonnait souvent en lui reprochant de trop s’investir dans sa vie professionnelle. Lui-même ne la voyait plus autant qu’avant et se contentait souvent de leurs conversations téléphoniques. Farida l’appelait après le dîner.
Elle était alors si épuisée qu’elle tenait à peine sur ses pieds. En guise de discussion, elle lui donnait juste un aperçu sur sa journée au bureau, avant de se mettre à bâiller. Elle s’excusait alors de ne pas pouvoir tenir davantage, et raccrochait pour se mettre au lit et sombrer aussitôt dans un sommeil profond.
Enfin le week-end est là !
Pour Farida, c’était tout d’abord une grasse matinée, puis un bon bain et une petite virée au marché. Elle faisait les courses hebdomadaires pour sa mère, avant de passer chez sa coiffeuse, puis contacter son fiancé qui, comme chaque fin de semaine, ne quittait son lit que vers la mi-journée.
Ils se permettaient alors une virée en bord de mer ou en forêt. Farida préparait à l’occasion un déjeuner frugal, et son panier de pique-nique au bout du bras, elle attendait Merouane au bas de son immeuble.
Ce matin-là, elle avait un peu changé son programme. Au lieu de se rendre au marché, elle avait déposé son père chez son coiffeur, puis était revenue rapidement à la maison, car sa mère attendait des invités et lui avait demandé de l’aider à préparer le déjeuner.
La jeune femme savait que sa maman aimait bien recevoir. Cette fois-ci, ses deux sœurs et leurs familles allaient leur rendre visite et tout ce beau monde aura droit à un véritable festin.
Très tôt le matin, la salle à manger avait été astiquée, et les fenêtres, grandes ouvertes, laissaient pénétrer la douce chaleur du soleil printanier.
Farida hume à pleins poumons l’air matinal qui sentait bon la cire d’abeille et les fleurs. Elle sourit à la vue du grand bouquet qui trônait sur la table et s’en approche pour prendre une rose rouge qu’elle piquera dans ses cheveux. Elle tire la langue à son reflet dans la glace surplombant le vaisselier.
Ses petits neveux seront bientôt là et elle se fera un plaisir de les gâter. Elle adorait les enfants et ne lésinait pas sur les dépenses pour leur faire plaisir.
-Tu as fini de dresser la table ?
Un tablier de cuisine autour des hanches et une louche à la main, sa mère se tenait dans l’embrasure de la porte du salon.
-Tu le vois bien, maman.
La vieille femme jette un regard furtif aux couverts disposés avec soin devant chaque chaise.
-Bien. Mais tu devrais rajouter un couvert pour Merouane.
-Merouane ? Il ne m’avait pas dit qu’il allait venir déjeuner
chez nous.
-Je sais. C’est moi qui le lui avais proposé.
Elle sourit et s’approche
de sa fille.
-J’ai profité de ton absence lorsque tu es partie déposer ton père chez le coiffeur pour le contacter. Je sais que d’habitude vous déjeunez ensemble, et qu’aujourd’hui le programme a subi quelques changements.
Farida brandit son index.
-Maman ! Tu me caches quelque chose.

(À SUIVRE) Y. H.


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