Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

61e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Nacéra se rendit à l’hôpital où sa sœur venait d’être admise. Le pronostic vital de cette dernière était engagé. Lyès n’était nulle part. Nacéra propose au médecin de signer les papiers requis pour une intervention d’urgence.

Elle suit le chirurgien dans son bureau et se met à signer les papiers qu’il lui tendait sans même en lire le contenu. Maissa était en danger ! Commencera alors une longue et stressante attente. On avait transféré la jeune femme au bloc opératoire, et deux heures plus tard, rien ne filtrait. Nacéra était anéantie devant le regard mouillé de sa mère. Elle-même était au bord de la crise de nerfs.
N’ayant plus la patience d’attendre sans passer à l’action, elle se lève et se dirige vers un téléphone qui se trouvait dans le couloir. Elle forme le numéro de Lyès, et ô miracle !, ce dernier répondit à la première sonnerie.
-Espèce de fripouille ! Où es-tu donc alors que ta femme se trouve entre la vie et la mort ?
Reconnaissant la voix de sa belle-sœur, Lyès raccroche sans répondre. Nacéra se dit alors qu’elle devrait prendre un taxi et aller le chercher, quitte à le ligoter et à le traîner par les cheveux jusqu'à l’hôpital. Mais ce n’était pas non plus une solution.
Elle revient à la salle d’attente et se rassoit en maudissant tous les hommes de la planète, y compris son mari.
Enfin, la porte du bloc s’ouvrit et deux infirmiers tirèrent sur un brancard en tenant des flacons de sang et de sérum. Nacéra accourut vers sa sœur, qui était encore inconsciente.
-Comment va-t-elle ?
Les infirmiers ne répondirent pas et elle demanda encore :
-Où est donc le chirurgien ?
Un des infirmiers lui désigne du menton la porte du bloc, et elle remarque, une seconde plus tard, que le chirurgien se dirigeait justement vers elle.
-Alors, docteur ? L’opération a-t-elle réussi ? Ma sœur est-elle hors de danger ?
Il sourit et lui tapote l’épaule d’un air rassurant, avant de se rapprocher de sa mère et de son frère qui guettaient le moindre indice.
-Tout s’est bien passé. Votre fille est hors de danger. Je regrette pour le bébé. On n’avait pas le choix.
Sa mère se remet à pleurer, mais Nacéra se reprend pour demander :
-Va-t-elle se réveiller rapidement ? Devrons-nous attendre ?
Le médecin, qui portait encore sa tenue de bloc, retire sa calotte avant de répondre :
-Vous feriez mieux d’aller vous reposer. Tout va bien. Il n’y a plus de raison pour vous inquiéter.
Il jette un coup d’œil à la pendule du couloir et constate que la nuit était bien avancée et que l’aube ne tarderait pas à poindre.
-Il se fait tard, et nous avons tous besoin de sommeil et de repos. Revenez dans quelques heures. Disons vers le milieu de la journée. D’ici là, Maissa aura repris connaissance, et vous pourrez la voir et lui parler durant quelques minutes.
-Merci docteur, lance Nacéra d’une voix étranglée par l’émotion. Que Dieu vous garde. Nous étions si...
Elle ne put terminer sa phrase, car les pleurs de sa mère avaient couvert sa voix.
Devant le hochement de tête compréhensif du chirurgien qui s’éloignait, elle prend cette dernière par les épaules et fait signe à son frère de les suivre.
Il lui sembla qu’elle venait à peine de fermer ses yeux que la sonnerie insistante de la porte d’entrée la réveilla.
Elle jette un coup d’œil à son réveil-matin et constate qu’il était 6h. Qui pouvait les déranger de si bon matin ? Sa mère dormait encore. Elle quitte la chambre sur la pointe des pieds pour ne pas la réveiller.
La sonnerie reprenait de plus belle. Elle regarde par l’œil-de-bœuf avant d’ouvrir à la belle-mère de Maissa. Cette dernière s’introduit tel un ouragan dans la maison en portant la main à sa gorge.
-Pourquoi as-tu tardé à m’ouvrir ? Hein ? Qu’est-ce que vous êtes tous en train de manigancer ? Votre sœur a mis le grappin sur mon fils et maintenant vous voulez l’accuser de maltraitance et de violence. Vous voulez l’envoyer en prison ?
Elle se tape la poitrine et sans laisser le temps à Nacéra de réagir, elle poursuit :
-Vous avez tout fait pour que Lyès prenne votre sœur. J’en ai compris les raisons. Mais malheureusement il était trop tard pour revenir en arrière. Maissa voulait “raccommoder” son honneur. Elle a hérité d’un bâtard, et elle voulait endosser la paternité à mon fils. Non. Tant que je suis de ce monde, je ne permettrai pas un tel affront.
Nacéra hausse enfin la voix pour l’interrompre :
-Ma sœur vient de sortir du bloc, après une longue opération. Elle a perdu le bébé et elle est encore entre la vie et la mort. Ton fils est indigne d’être un mari et un père. Il n’est qu’un irresponsable et un inconscient qui, non content d’avoir frappé Maissa jusqu'à lui provoquer une hémorragie, l’a déposée tel un paquet sale au service des urgences et s’est taillé sans même daigner attendre le diagnostic du médecin, ni la suite de ses actes. Et maintenant, vieille sorcière, tu viens nous réveiller de bon matin pour nous lancer ton venin à la figure !

(À suivre) Y. H.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER