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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Ma vie, mon destin

62e partie

Résumé : Après une nuit agitée et peuplée de cauchemars, Wassila se lève très tôt pour se rendre au commissariat. Elle voulait avoir des nouvelles de Athmane, mais elle a dû prendre son mal en patience jusqu’à l’arrivée du commissaire et de l’inspecteur. Un interrogatoire s’ensuivra… Nonobstant son agression, elle refusera de déposer plainte. Pour elle, Athmane était ivre et n’avait pas toute sa raison.

 

L’inspecteur s’approche d’elle et la regarde dans les yeux :
-Vous êtes certaine que c’est juste son ivresse qui l’a mené à vous agresser ainsi dans votre propre quartier et devant tout le voisinage ?
Wassila rougit et tente de camoufler les tremblements de ses mains avant de répondre :
-Athmane n’est pas agressif d’habitude… C’est quelqu’un de plutôt calme…
-Mais hier, il vous a justement agressée… Il doit y avoir une bonne raison à tout ce scénario… Dites-moi : avez-vous déjà vu Athmane ivre au point de commettre une grave erreur ?
-Non… Je ne l’ai jamais vu dans cet état jusqu’à hier soir…
-Alors, je persiste à penser qu’il avait de sérieuses raisons pour boire plus qu’il n’en faut… Pourquoi n’avez-vous pas pris les devants pour vous enfuir lorsqu’il s’était approché de vous ?
-Je descendais du bus… Il n’avait pas l’air ivre lorsqu’il m’avait abordée… Je n’avais rien senti…
-Pourquoi vous a-t-il abordée ?
-Heu… Il… il voulait me demander un renseignement.
-Quel renseignement ?
Wassila se mordit les lèvres :
-Je ne me rappelle pas très bien… Il parlait de sa famille… Il voulait savoir si je pouvais l’aider, car il avait des problèmes.
L’interrogatoire s’allongeait, et Wassila a dû faire appel à toute son imagination pour répondre aussi raisonnablement que possible. Pourtant, les deux policiers refusaient toujours de croire à sa version.
En fin de compte, ils lui permirent de partir, non sans avoir auparavant pris ses coordonnées et une copie de sa pièce d’identité. Elle devrait aussi s’attendre à une convocation au tribunal lors de la comparution de Athmane.
Plus morte que vive, Wassila sort du commissariat pour se heurter à Khadidja. Cette dernière ne rate pas l’occasion de lui tomber dessus et de la traiter de tous les noms, tout en l’accusant d’être le forgeron de ses malheurs et la cause de la destruction de sa famille.
Wassila la repousse et lui lance d’une voix outrée :
-Assez Khadidja… Je ne suis pas la cause de tes malheurs… C’est le hasard qui a mis Athmane sur mon chemin… Fais ce que tu veux, tu ne changeras rien à mon destin, ni au tien d’ailleurs.
Khadidja allait riposter, mais Wassila s’éloigne. Elle n’avait envie ni d’entendre ses sarcasmes ni de se défendre… Elle se sentait un peu coupable, mais tout compte fait, elle ne voulait pas trop se lamenter sur son sort. Le destin avait décidé pour elle… Que pouvait-elle faire d’autre ?
Elle rentre à la maison la mort dans l’âme. Sa mère était dans la cuisine et l’attendait. Elle voulait tout savoir sur cet entretien au commissariat de police. Wassila lui rapporte les faits et lui apprend qu’elle avait aussi rencontré Khadidja.
Sa mère pousse un long soupir :
-Nous sommes devenus la risée du quartier…
Wassila baisse la tête :
-Ne sois pas aussi sévère envers moi maman, tu sais bien que je ne voulais pas en arriver là… Et puis les gens racontent n’importe quoi.
-Tu peux le dire… Ce matin, alors que j’achetais du pain, le boulanger avait insinué que Athmane était ton amant et qu’il t’avait agressée parce que tu allais te marier.
Wassila sentit les larmes mouiller son visage. Sa réputation ne tenait plus qu’à un fil. Les gens vont suivre l’affaire de Athmane jusqu’au bout et s’en délecter. Lyès apprendra tôt ou tard ce qui s’était passé…
Elle porte la main à sa bouche pour étouffer un sanglot. Sa mère s’approche d’elle :
-Pourquoi pleures-tu ? Les regrets ne servent plus à rien…
Wassila secoue la tête :
-Je ne m’attendais pas à subir un jour toutes ces humiliations… Je…
Elle ne pu continuer sa phrase. Sa mère s’affale sur une chaise en portant la main à sa tête.
Wassila la retint de justesse :
-Maman… Maman… Réponds-moi maman… Maman !
Ses cris alertèrent son père qui se trouvait dans la salle de bain. Ce dernier accourt et aide Wassila à mettre Taos au lit, avant d’appeler un médecin.
Un quart d’heure plus tard, le diagnostic tombait : Toas venait de faire un pic de tension.


(À suivre)
Y. H.


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