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FLASH
  • Demi-finale retour de la ligue des champions africains: WAC 3-1 USMA (0-0 à l'aller)
  • Buts du WAC:El Karti (26′), Bencharki (54′ et 90'+3). Le but de l'USMA a été inscrit par Abdelaoui (67′)
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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

62e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Saïd voulait discuter avec sa mère. Et sa mère seule. Tahar aura donc pour mission de la préparer et de la prévenir qu’elle ne devait pas pleurer, sinon Saïd s’en irait. La vision disparaît aussi vite qu’elle était apparue, et Tahar se demande encore s’il n’avait pas rêvé.

Ma mère était dans la cuisine et je l’entendais crier après les enfants qui venaient de se réveiller. Je me lève et les rejoins.
Une demi-heure à peine s’était écoulée depuis mon retour. Ma mère me sourit.
-Il fait chaud, et les journées sont longues. Tu n’as pas envie de faire un somme, Tahar ?
-Si. J’ai essayé. Mais...
-Mais les enfants t’ont réveillé.
-Non. Ce n’est pas ça.
Ma mère sert le goûter à ses petits-fils, et leur recommande de manger proprement. Elle rajoute un peu d’eau dans sa chorba, puis revient vers moi.
-Tu n’arrives pas à dormir, Tahar ?
-Non. J’aimerais... Oh ! Ce n’est rien, je crois que je ferais mieux de sortir flâner un peu. Tu veux que je t’achètes quelque chose ?
-Du pain, si tu en trouves, et du petit-lait.
-C’est tout ?
-Oui.
Il était presque 17h00. J’avais devant moi encore trois bonnes heures avant l’adhan. Je me mets donc à déambuler dans les rues de la ville, sans but précis. L’image de mon défunt frère revenait sans cesse devant mes yeux. J’entendais encore sa voix et je revoyais l’expression de son visage. Il avait l’air heureux !
J’entre dans une boulangerie bondée d’un monde cosmopolite, qui dévorait de ses yeux tout ce qu’il y avait sur les étagères. Une longue chaîne s’était formée devant le comptoir, et le gérant, qui avait du mal à gérer toute cette foule, s’essoufflait à la rappeler à l’ordre. J’attendis patiemment mon tour. Je n’étais pas du tout pressé de revenir à la maison. Fadhéla n’allait pas tarder à rentrer. Et comme à ses habitudes, elle s’enfermera dans notre chambre pour dormir ou regarder la télé. Ce n’est qu’après l’ftour qu’elle daignera enfin reprendre du service pour faire la vaisselle ou préparer du café. Elle était en somme exempte de la cuisine et du ménage, et même de l’éducation de ses propres enfants. Elle vivait comme une reine auprès d’une belle-mère qui ne pensait qu’au bonheur des siens. Mon tour arrive. Je prends deux baguettes de pain et quelques brioches toutes chaudes. Plus loin, j’avise une épicerie. Je traîne les pieds jusqu'à l’échoppe pour acheter du petit-lait, et rajouter une boîte de loukoum pour les enfants, ainsi que quelques fruits. Mes paquets à la main, je reprends mon chemin en sens inverse.
Ma chemise collait à mon corps. Je transpirais abondamment. Ma bouche était sèche et ma langue pâteuse. Ma tête pesait une tonne. Je ne sentais plus mes pieds fouler le sol, mais plutôt deux plombs qui avaient du mal à se déplacer. Non loin de la maison, il y avait un jardin public. Je me dirige vers un banc, et m’y laisse tomber en déposant mes achats à côté de moi, à l’ombre d’un palmier. Le soleil était encore haut dans le ciel, et ne comptait pas prendre sa retraite de sitôt. Je repensai un peu à ce qui m’arrivait. J’ai déjà entendu quelques histoires sur le paranormal, sans trop y prêter attention. Je me disais surtout que personne ne pouvait revenir après la mort, ni dans la réalité ni dans le songe. Les morts se reposent dans leurs tombes, et si on se réfère aux religions, ils ne se réveilleront qu’au Jugement dernier.

(À suivre) Y. H.


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