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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

62e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : L’opération est réussie, le médecin rassure la famille. Tout le monde rentre donc pour se reposer. Mais au petit matin, Nacéra est réveillée par la sonnerie de la porte. La belle-mère de Maissa se pointe et fait un scandale.

Nacéra tend son index et désigne la sortie.
-Dehors, ou j’appelle la police !
-Tu ne peux pas faire ça.
-Penses-tu !
La vieille femme s’évente avec un mouchoir avant de hocher la tête.
-Tu en serais bien capable, toi aussi. Ta sœur a accaparé mon fils, et toi, voleuse d’homme, tu as pris le mari d’une autre pour enterrer ton état de vieille fille.
Nacéra eut le souffle coupé. Sa mère, réveillée par les éclats de voix, s’était jointe à elle. En entendant la dernière phrase, elle lance sans réfléchir :
-Ma fille n’était pas une vieille fille. Des années durant, elle a refusé des prétendants, et maintenant elle est mariée et heureuse chez elle, grâce à Dieu. Quant à Maissa, que Dieu châtie ton de fils qui n’a cessé de la maltraiter.
-C’est votre fille, la vaurienne, qui voulait rincer son respect. Mon pauvre Lyès est tombé dans le piège que vous lui avez tendu.
Elle se pince le menton.
-Mais je n’ai pas fini. Vous payerez tous pour le mal que vous nous avez fait.
Sur ces paroles, elle tourne les talons et s’en va.
Nacéra demeure pétrifiée. Elle avait perdu l’usage de sa voix, et ses membres étaient comme paralysés.
Sa mère la secoue.
-Que t’arrive-t-il, Nacéra ? Cette vieille sorcière t’a sûrement démoralisée. Elle est hors d’elle, car elle sait que c’est son fils qui est dans ses torts, et que si Maissa dépose une plainte contre lui, il le paiera très cher.
Comme Nacéra ne répondait pas, elle fronce les sourcils.
-Qu’as-tu donc ?
La jeune femme prend une lente inspiration avant de répondre d’une petite voix :
-Rien. Je n’ai rien, maman. Je suis juste un peu ébranlée par ce qui nous arrive.
À ce moment précis, elle entend la sonnerie de son téléphone. Craignant que ce ne soit l’hôpital, elle court dans sa chambre et se saisit de son portable. Le cœur battant, elle reconnaît le numéro de Djamel.
- Allô. Djamel ?
-Nacéra. Où es-tu donc ? Je me suis fait un sang d’encre pour toi. Je viens de rentrer. Désolé, mais j’avais un travail fou. J’étais si épuisé que je me suis endormi sur mon bureau sans m’en rendre compte. C’est ma secrétaire qui m’a réveillé ce matin.
Nacéra pousse un soupir.
-Moi, j’ai passé une nuit d’enfer. Je suis chez ma mère. Nous étions tous à l’hôpital. Maissa faisait une hémorragie et on a dû sacrifier le bébé.
-Oh ! Je suis vraiment désolé. Mais que s’est-il passé ? Tu m’avais dit qu’elle ne devait accoucher que dans les prochains jours, et tout semblait aller pour le mieux
Nacéra lève les yeux au ciel. Elle n’avait jamais raconté à son mari la réalité sur le mariage hâtif de sa sœur. Pensant que cela ne le concernait pas, elle a préféré garder le secret. Deux ou trois fois, ils avaient rendu visite à Maissa, et cette dernière, de son côté, leur avait rendu visite une fois, mais seule. Nacéra avait usé de toute son imagination pour expliquer à Djamel que Lyès avait des examens à l’université et que, la plupart du temps, il y passait la journée entière. Djamel ne le connaissait même pas. Il ne l’avait jamais rencontré.
-Allô ! Nacéra, tu es là ?
-Oui. Je suis... Nous sommes un peu secoués. Ma mère est déprimée.
-Cela se comprend. Veux-tu que je vienne vous déposer à l’hôpital ?
-Non. Repose-toi. Mes deux frères viendront sûrement nous chercher. Je vais tenter de rentrer dans la journée si toutefois tout va bien. Tu trouveras des plats cuisinés dans le frigidaire, tu n’auras qu’à les réchauffer. Il y a aussi des fruits et du café.
-Je suis assez grand pour m’occuper de moi-même. Ne te fais donc pas de soucis. Tu m’appelleras pour me donner des nouvelles de Maissa. J’aimerais tant vous accompagner.
-Non ! Pas pour aujourd’hui. Elle est encore sous l’effet de l’anesthésie. Le médecin ne nous accorde que quelques minutes pour la voir. Je t’appellerai dès mon retour de l’hôpital.
Elle raccroche. Son cerveau lui semblait frigorifié. Elle sentit des bouffées de chaleur, suivies d’ondes glaciales remonter le long de sa colonne vertébrale. Portant la main à sa tête, elle tente de mettre de l’ordre dans ses idées.
La belle-mère de Maissa était venue faire un scandale. Elle était furieuse et l’avait traitée de vieille fille et de voleuse d’homme. Que voulait-elle donc insinuer en lui disant qu’elle avait pris le mari d’une autre ? Était-ce une simple méchanceté de sa part ?

(À suivre) Y. H.


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