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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

63e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : La belle-mère de Maissa avait traité sa belle-fille de dévergondée, et Nacéra de voleuse d’hommes. La jeune femme est sidérée par ces accusations. Certes la méchanceté de cette femme était éloquente, mais le doute s’insinua en elle.

Sa mère ouvre la porte de la chambre.
-J’ai préparé du café. Tu devrais venir prendre ton petit-déjeuner. Tu n’as rien avalé depuis hier.
-Je n’ai pas très faim, maman. Il y avait d’abord Maissa, puis cette vieille sorcière qui est venue de bon matin pour nous crêper le chignon.
-Que Dieu les châtie tous. Ils ont détruit ma fille.
Elle se remet à pleurer, et Nacéra, oubliant ses préoccupations, la prend dans ses bras.
-Tout ira bien, maman. Maissa s’en tirera, j’en ai la conviction. Et puis, ne dit-on pas à quelque chose malheur est bon. Le bébé est mort. C’est peut-être un signe du destin, pour que Maissa reprenne sa vie en main. Elle pourra terminer ses études, et pourquoi pas se remarier.
Sa mère hoche la tête d’un air désolé.
-Ce vaurien l’a rendue si malheureuse que je doute fort qu’elle ait le courage d’en refaire l’expérience.
-Pas pour tout de suite peut-être. Le plus urgent pour elle est de divorcer. Ensuite, le temps étant le grand consolateur, Maissa finira par retrouver confiance en elle et la joie de vivre.
Il était temps de se rendre à
l’hôpital.
Ils se présentèrent au service de réanimation, où Maissa était encore reliée à un tas de tuyaux. Derrière la vitre, Nacéra, sa mère et ses deux frères ne virent d’elle qu’un visage aux traits tirés et des yeux clos.
Le réanimateur les rassure :
-Tout va bien. Elle est encore très faible, mais le pouls est bon et sa respiration est régulière.
Je crois qu’elle est hors de danger. D’ici peu de temps, elle reprendra connaissance et nous pourrons la transférer dans sa chambre.
Nacéra demande :
-Pourra-t-on attendre encore un peu. Peut-être que cela la réconfortera de nous voir tous auprès d’elle lorsqu’elle ouvrira les yeux.
-Si vous voulez.
Mais il va falloir vous rendre dans la salle d’attente, il est interdit à tout visiteur étranger de tarder dans ce service.
Nacéra se mord les lèvres devant le regard apeuré de sa mère et l’indifférence de ses frères.
Ces derniers faisaient juste acte de présence. Aucun d’eux n’avait desserré les lèvres pour la rassurer.
Elle prend sa mère par le bras et l’entraîne jusqu'à la salle d’attente, où elles se laissèrent toutes les deux tomber sur des chaises. Les deux hommes en firent de même, mais gardèrent le silence, comme si cette situation n’était pour eux qu’une corvée.
Elle se met à prier pour que sa sœur s’en sorte.
Les heures s’égrènent lentement. On était déjà dans l’après-midi. Djamel avait appelé à maintes reprises pour prendre des nouvelles de sa belle-sœur. Nacéra lui avait à chaque fois donné la même réponse : l’état de Maissa était stationnaire. Plus morte que vive, la jeune femme s’était mise à faire les grands pas dans la salle d’attente. Puis n’y tenant plus, elle sort dans le couloir pour se rendre encore à la réanimation. À ce moment précis, elle remarque le chirurgien de la veille qui se dirigeait vers eux.
Sans plus attendre, Nacéra demande :
-Alors docteur ? Ma sœur va-t-elle rester longtemps dans cet état ?
Il sourit.
-Elle vient d’ouvrir les yeux. Ce qui prouve qu’elle a repris connaissance. Nous allons procéder à quelques menus examens, avant de la transférer dans une chambre.
Il jette un coup d’œil à sa montre.
- Dans un petit quart d’heure, vous pourrez la voir et lui parler. Mais ne tardez pas trop, car vous risquez de la fatiguer. Elle est encore trop faible pour tenir un discours.
Nacéra pousse un long soupir de soulagement avant de prendre la main de sa mère.
-Tu entends maman, tout va bien. Maissa est sortie d’affaire.
Sa mère hoche la tête.
-Grâce à Dieu. Mais sait-elle pour le bébé ?
-Probablement. Je ne sais pas dans quel état elle était quand son salopard de mari l’avait déposée à l’hôpital. Mais même si elle ne le sait pas encore, les médecins finiront par lui expliquer les risques encourus.
Elle sentit sa gorge se nouer. Sa sœur tenait à son enfant. Comme toutes les futures mamans, elle s’était attachée à cette grossesse comme à une bouée de sauvetage.
Quelques minutes plus tard, ils sont introduits dans une chambre du rez-de-chaussée, où la jeune accouchée venait d’être transférée.

(À suivre) Y. H.


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