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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

64e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Nacéra et sa famille se rendirent à l’hôpital pour prendre des nouvelles de Maissa qui se trouvait encore en réanimation. Selon les médecins, elle était hors de danger mais ne savait pas encore qu’elle avait perdu son bébé.

Elle leur sourit et Nacéra refoule ses sanglots, alors que sa mère pleurait sans retenue.
-Comment te sens-tu Maissa ?
Elle répondit d’une voix à peine audible :
-Comme quelqu’un qui vient de passer trois heures dans un bloc opératoire.
Nacéra s’efforce de sourire :
-Ce n’est rien… Tout s’est bien déroulé. Dans quelque jours tu sortiras d’ici, et on n’en parlera plus.
Maissa tend sa main vers sa mère qui l’agrippe pour la porter à ses lèvres :
-Oh ! Ma fille ! Tu nous as fait une de ces peurs !
Maissa  porte la main à son ventre :
-Le bébé ! Ils m’ont opéré pour le sauver. Mais où est-il donc ?
Une autre épreuve !
Un autre tracas ! se dit Nacéra. Comment fera-t-elle donc pour lui annoncer que le bébé tant attendu était mort ? Elle ne pourra pas mentir à Maissa, et cette dernière devinera facilement à son air triste que quelque chose est arrivé.
Elle déglutit, et jette un regard à sa mère qui baisse les yeux, impuissante. Elle se rapproche alors au chevet de sa sœur avant de murmurer :
-Le chirurgien va t’expliquer…
-Le chirurgien ? Pourquoi ?
-Heu… Écoute Maissa… Je crois qu’il avait fallu faire un choix… Le chirurgien avait préféré sacrifier le bébé pour te sauver… Un enfant… c’est toujours récupérable… Par contre toi…
Maissa lui jette un regard plein d’horreur… Elle regarde tour à tour ses frères, puis sa mère, comme pour chercher du réconfort, avant de revenir vers Nacéra :
-Non… Je ne te crois pas… Mon bébé n’est pas mort… On finira par me le ramener… Je…Je...
Elle ouvre les yeux tout grands, et porte la main à sa gorge. Elle avait voulu pousser un cri, mais était encore trop faible. Elle referme alors les yeux et laisse sa tête rouler sur l’oreiller.
Nacéra court chercher un infirmier qui leur confirme que Maissa venait de perdre connaissance :
-Que lui avez-vous donc raconté ? Elle est encore trop fragile, et un choc pourrait lui être fatal.
Il lui prend le pouls et se dépêche de prendre une seringue pour lui administrer un remontant. Ne sachant quoi répondre, Nacéra demeure au chevet de sa sœur et se met à lui caresser les cheveux.
-Sortez tous de cette chambre… La visite est terminée pour aujourd’hui, lance l’infirmier sur un ton
ferme.
Deux jours passent. Maissa avait repris des couleurs, et les médecins étaient optimistes sur son état. Elle avait aussi fini par accepter la perte de son bébé tout en gardant cet air triste qui renseignait sur ses souffrances internes, d’autant plus qu’elle savait que même si son bébé avait vécu, son mariage n’était plus qu’un mauvais souvenir. Elle s’était rendue à l’évidence que sa vie avec Lyes n’avait été qu’une illusion. Ce dernier n’avait d’ailleurs plus donné signe de vie. Nacéra lui rapporta la visite de sa belle-mère et le scandale qu’elle avait voulu provoquer. Ce qui confirma, dans l’esprit de Maissa, ses  soupçons vis-à-vis de sa belle-famille, qui ne l’avait jamais acceptée comme bru.
-Tu finiras par oublier tout ça, lui dit sa sœur ainée.
-Je veux divorcer.
-Il n’attend que ça… Je préfère que tu patientes un peu avant d’entamer la procédure, car il va jouer sa carte du mari délaissé et se plaindre d’un abandon de foyer. Bien entendu, il ne va pas chercher après toi.
Tu vas tout simplement passer quelques jours chez maman afin de te reposer, et puis comme l’appartement est loué en ton nom, je pense qu’il va quitter les lieux sans tarder, s’il ne l’a pas déjà fait.
-Je ne le pense pas… Il voulait… Il m’avait parlé de toi… Il m’a dit que tu avais les moyens de m’offrir un appartement, et que maintenant que tu es mariée à un homme aisé, tu pouvais aisément le faire.
-Ah oui ! Il savait calculer… Une fois que cet appartement est à toi, il serait facile pour lui de te convaincre de le mettre en son nom, avant de penser à te mettre à la porte. Maissa ferme les yeux.
Ces quelques mois de mariage avaient été pour elle un vrai cauchemar… Aura-t-elle un jour le courage de refaire sa vie ?

(À suivre) Y. H.


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