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Autres / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

64e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Après la mort de Si Tayeb, c’est Si Ahmed  qui s’était chargé de la gérance des magasins comme il lui en avait fait le serment. Mais lui aussi se faisait vieux, et n’avait plus ses forces d’autrefois. Désormais, c’est Fettouma qui s’occupe de tout.  

Rachid l’aidait de temps à autre, mais elle ne comptait pas trop sur lui. Il était encore trop jeune et ses études occupaient son temps.  
Lla Z’hor tenait encore sur ses pieds, mais n’était plus cette femme corpulente au regard lumineux, qui pouvait travailler toute une journée sans relâche. Fettouma lui laissait tout juste le soin de préparer les repas lorsqu’elle s’absentait.
L’un après l’autre, Si Ahmed et Lla Z’hor quittèrent à leur tour ce bas monde. Fettouma se retrouva seule avec les enfants, et continua à mener ses affaires d’une main de maître.
Elle inspectait tous les jours les magasins, passait au marché, puis revenait pour s’occuper de ses enfants et de la maison.
Il ne restait plus avec elle que deux vieilles voisines, qui passaient la plupart de leur temps, soit à discuter entre elles, soit à paresser au soleil.
Fettouma ne voulait plus louer les autres pièces de la maison. Elle avait peur de ne pouvoir faire face toute seule à des gens qu’elle ne connaissait pas et qui pouvaient lui nuire. Après tout, elle n’était qu’une femme. Une veuve qui n’avait plus que ses enfants auprès d’elle.

1972 – UNE AUTRE VIE
Dix années passent. Rachid termine ses études et devient médecin. Nacer, passionné d’histoire et de découverte, voyageait beaucoup pour préparer un diplôme dans ce sens, et Meriem venait d’être nommée institutrice dans une école
primaire.
Fettouma pouvait enfin souffler. Mahmoud aurait été fier de sa progéniture. Ses enfants étaient, non seulement, bien éduqués, mais instruits et ambitieux. Ah ! si les anciens étaient encore là !
Elle sort dans la grande cour silencieuse et relève la tête pour inspecter les hauteurs de la maison. Jadis les balcons et la terrasse étaient animés de plaisanteries et de rires. Les femmes s’entraidaient ou se relayaient pour le nettoyage des escaliers et de la terrasse.
Les jours de lessive, le linge mouillé embaumait toute la maison de l’odeur fraîche du savon de Marseille.       
Elle s’approche d’un citronnier centenaire qui poussait dans un coin de la cour, et se met à caresser son écorce.
Cet arbre avait vécu et connu des évènements bien avant elle... S’il pouvait parler, il en aurait débité de bien belles.  
Elle contourne le puits, et sa margelle, et constate qu’une couche de rouille commençait à entourer les contours de l’arcade en fer forgé qui le surmontait. Elle se promet d’y remédier au plus vite. Et puis, il était aussi grand temps de  retaper cette vieille bâtisse. Sinon, elle ne tiendra pas longtemps.

(À  SUIVRE) Y. H.


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