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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

67e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Saïd réapparut au moment prévu, mais sa mère ne put réprimer ses sanglots et tente même de le toucher. La vision disparaît. La vieille femme perd connaissance. Fadhéla arrive, et Tahar lui demande de ramener un verre d’eau.

Ma femme ne se le fera pas répéter. Elle revient avec une bouteille d’eau, un verre et une serviette mouillée.
-C’est sûrement le jeûne et toute cette chaleur qui ont eu raison d’elle. Tiens, mets-lui cette serviette sur le front et donne-lui quelques gorgées d’eau.
Ma mère ouvre les yeux, les referme, puis les rouvre.
-Où suis-je ?
-À la maison.
-Où est Saïd ?
Ma femme me lance un regard curieux.
-Saïd est mort, maman. Il se repose dans sa tombe.
-Je viens de le voir pourtant.
Ma femme s’approche de moi pour murmurer :
-Elle va sûrement trépasser. La vision d’un mort en plein mois de Ramadhan en est la preuve formelle.
Je la repousse loin de moi et tente de calmer ma mère qui s’agitait.
-Maman, tu as vu Saïd. J’étais là moi aussi, et je l’ai vu. Mais il est reparti. Je t’avais bien recommandé de ne pas pleurer.
Ma mère se remet à sangloter.
-C’était bien plus fort que moi. On aurait juré qu’il était vivant.
De plus en plus intriguée, ma femme porte une main à sa bouche.
-On dirait que le jeûne vous provoque des hallucinations.
Je lui fais signe de se taire et de quitter les lieux, mais elle refuse et vient s’assoir au chevet de ma mère avant de lancer :
-Yemma, tu es surmenée. Tu n’as plus l’âge d’observer le jeûne.
Je réplique :
-Et non plus l’âge de faire le ménage et la cuisine. Les yeux exorbités, Fadhéla se lève et quitte les lieux. Je l’entends réprimander les enfants dans la cuisine, avant de se retirer dans sa chambre.
Ma mère s’agrippe à moi.
-J’ai vu Saïd après tant d’années. Je l’ai vu.
-Oui, maman. Et tu aurais pu
discuter avec lui si tu n’avais pas pleuré.
-Pourquoi est-il reparti ?
-Parce qu’il est dans son monde, et nous sommes dans le nôtre. La frontière de la mort nous sépare.
-Pourrais-tu lui demander de revenir ?
Je secoue la tête.
-Je ne sais pas, maman. Saïd a consenti à faire un effort extraordinaire pour revenir d’entre les tombes et nous rendre visite. Mais tu as tout gâché.
-Alors, je veux mourir pour le rejoindre.
Je soupire.
-La mort et la vie ne sont pas de notre ressort, maman. C’est Dieu qui donne la vie et Lui seul qui la reprend.

(À suivre) Y. H.


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