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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

68e partie

Résumé : La vieille femme reprend connaissance et réclame son fils Saïd. Tahar lui rétorque que ce dernier est mort, et qu’elle avait raté l’occasion de discuter avec lui, par ses pleurs. Elle émettra alors le souhait de mourir pour le rejoindre.

Elle joint alors ses mains dans un geste implorant.
-Alors, je vais Le prier nuit et jour pour qu’Il me permette de rejoindre Saïd.
-Et moi ? Et moi, maman, tu vas m’abandonner ? 
Elle secoue la tête.
-Non. Je t’abandonnerai pas. Tout comme l’a fait Saïd, je viendrai de temps à autre te rendre visite.
Je secoue la tête.
-Je préfère te garder auprès de moi, maman.
Elle me caresse la joue et me sourit.
-Si tout le monde pouvait garder autour de lui les êtres qui lui sont chers, la vie ne serait plus ce qu’elle est jusqu'à ce jour.
-Pourquoi ?
-Eh bien, parce qu’il faut savoir quitter la table au bon moment, pour laisser la place aux autres. 
-Je ne pense pas que ce soit le cas pour toi dans l’immédiat.
Elle sourit encore.
-Je pense que la vision de Saïd n’est pas fortuite. Le message est clair. Je dois me préparer à le rejoindre.
-Il est venu me voir en premier. Je n’ai pourtant pas fait un rapprochement entre sa venue et un départ imminent vers l’au-delà.
-Il était là pour moi, et non pas pour toi. Il t’avait juste laissé le soin de me préparer.
-Allons, allons, maman ! Tu fabules ou quoi ?
Elle se redresse et ramasse son foulard qui avait glissé sur le sol pour le renouer sur sa tête.
-L’avenir nous le dira. Je ferais mieux de rejoindre mes fourneaux, le repas du f’tour n’est pas encore prêt.
-Non, tu n’en feras rien. Désormais, c’est Fadhéla qui s’en occupera. Tu en as assez fait pour nous tous. Il est grand temps pour toi de te reposer.
Elle allait riposter, mais je l’exhorte à rejoindre sa chambre et l’aide à s’allonger sur son lit. Ensuite, je referme soigneusement la porte derrière moi.
L’heure de la rupture approchait. Fadhéla affichait un air qui en disait long sur son humeur. Elle avait l’habitude de dormir jusqu'à l’adhan, et le changement qui venait d’intervenir brusquement dans ses habitudes ne l’enchantait guère. C’est donc de mauvaise grâce qu’elle a rejoint la cuisine pour préparer le f’tour. Bien que ma mère eût déjà pris les devants, épluché les légumes et mis les marmites sur le feu, ma chère épouse commençait à donner des signes d’agacement et me somma de laver les fruits et de dresser la table. Je hausse les épaules. Si ce n’était que ça, je n’avais rien à dire. J’étais plutôt inquiet au sujet de ma mère. Elle était si convaincue que Saïd n’était venu que pour repartir avec elle. Je repensais même à mon défunt grand-père, qui disait avoir reçu la visite de l’un de ses fils décédé, quelques jours avant son décès.


(À suivre)
Y. H. 


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