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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le psychopathe

69e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : De retour à la maison en fin de journée avec Ilham, Azzedine remarque un homme étranger au quartier. Ce dernier le suit et lui dévoile qu’il était un policier désigné par l’inspecteur Omar. Anissa arrive sur ce fait.

Azzedine hausse les épaules.
-Un policier. Je te raconterai plus tard pourquoi il est là.
La jeune femme n’insiste pas. Elle avait tout bonnement compris que son mari n’était pas resté les bras croisés, après avoir appris les raisons de son inquiétude la veille.
Une semaine passe. Aucun incident n’était venu entacher le quotidien de la petite famille de Azzedine. L’inspecteur avait fini par rappeler ses agents, étant donné qu’aucun d’eux n’avait rien relevé d’anormal au quartier. Cependant, Anissa demeurait soucieuse. Elle connaissait trop son ex-mari pour dormir tranquillement sur ses deux oreilles.
Un jour, alors qu’elle se rendait seule dans une supérette, il se manifeste. Sa rencontre au rayon des produits laitiers fera sursauter la jeune femme. L’avait-il suivie jusque-là ou bien était-ce le hasard qui les a mis l’un en face de l’autre ? Elle n’en savait rien, mais les battements forts et irréguliers de son cœur l’incitèrent à la prudence. Elle reprend son panier et fait mine de ne pas l’avoir vu, mais c’était compter sans la hardiesse de Mourad. Il lui barre le passage et la regarde bien en face.
-Alors, on ne reconnaît plus le père de sa fille, Anissa ?
Elle tente de se faufiler pour atteindre la caisse, mais la haute silhouette de Mourad et sa carrure n’arrangeaient pas les choses. Elle répondit alors sur un ton ferme :
-Laisse-moi passer, Mourad. Je suis mariée et mère de famille, cesse donc de m’importuner.
-Ah ! Madame a bien fait ses comptes. Non seulement tu me jettes en prison pour plusieurs années et tu me prives de ma fille, mais maintenant tu me vois comme un minus qui n’a jamais existé dans ta vie, et tu me rabroues sans vergogne.
-Laisse-moi passer, Mourad. Je dois rejoindre mon mari. Il m’attend à l’extérieur.
-Menteuse ! Tu es venue seule. Ne tente pas de le nier, je t’ai suivie.
Elle redépose son panier et essuie la sueur qui coulait de son front avant de demander :
-Si tu m’as filé, ce n’est sûrement pas pour savoir où je me rendais.
-Non. Je t’avais vue descendre de ton véhicule avec un panier. Que peut-on faire dans une supérette, si ce n’est s’approvisionner ?
-Et toi ? Que viens-tu faire dans cette supérette ? Me battre ou me tuer ?
Il lève les bras.
-Non, je veux juste récupérer ma fille. Ilham porte mon nom. Je suis son père, et en tant que tel, j’ai tous les droits sur elle.
Anissa prend une lente inspiration. La colère et l’indignation lui avaient coupé le souffle.
-Depuis quand t’es-tu occupé de ta fille ?
-Depuis que je suis son père.
-Ce n’était pourtant pas le cas, tu l’as toujours regardée comme une étrangère. Tu n’as jamais daigné la faire sortir ou jouer avec elle. Tu savais juste la châtier et lui donner des fessées, ou des coups de pied, lorsqu’elle criait ou faisait du bruit comme tous les enfants de son âge. Et puis, ce qui s’était passé à l’hôpital, avant ton incarcération, n’était pas pour arranger les choses. J’ai dû la faire suivre durant de longues années par un psychologue afin de l’empêcher de faire des cauchemars la nuit, et à peine a-t-elle repris une vie normale que tu viens encore nous harceler.
-Une vie normale ? Quelle vie normale pourra-t-elle mener auprès d’un homme qui n’est pas son père ?
-Mais qui se conduit comme tel et qu’elle adore.
-Ah ! bien sûr, tous les torts sont à mon encontre. Lui, c’est le mari idéal et le père exemplaire. Tu oublies vite, Anissa. Tu oublies qu’il avait failli la tuer en la heurtant avec son véhicule.

(À  SUIVRE) Y. H.


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