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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le mendiant de l’amour

6e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Alors qu’elle redescendait du grenier, Linda reçoit un coup de fil de son mari, Salah, qui lui annonce qu’il ne va pas rentrer de sitôt. Elle avait compris qu’il courait une nouvelle aventure.

Linda pousse un soupir. Salah et ses urgences ! Elle en connaissait un bout. Encore un nouveau jupon dans la course.
Elle se reprend pour répondre :
- Eh bien, heureusement que tu appelles, sinon je t’aurais attendu vainement.
- Tu conçois donc que c’est pour cela que je t’appelle. J’espère qu’il ne te manque rien. J’ai fais le marché et nous nous sommes bien approvisionnés la dernière fois. Hein ? Au cas où tu aurais envie de t’offrir quelque chose de particulier, tu n’auras qu’à prendre un chèque et retirer de l’argent. J’en ai signé quelques-uns à blanc, pour toi. Tu les trouveras dans le tiroir de mon bureau.
Linda se sentit encore une fois humiliée. Salah veut l’amadouer comme à chaque fois qu’il se sentait un peu coupable envers elle. Une façon comme une autre d’acheter son consentement. Car, il savait qu’elle n’était pas dupe et comprenait au premier mot. Un silence complice de sa part lui fera moins sentir le poids de sa “trahison”. Hélas, la réalité était tout autre pour la jeune femme. Si elle supporte encore les caprices d’un tel mari, c’est uniquement parce qu’elle n’a aucune autre alternative. Le rire perfide d’une femme à l’autre bout du fil confirmera ses soupçons. Elle entendit Salah rire aussi, puis revenir vers elle :
-D’accord ma chérie. On se dit à bientôt alors. Et n’oublie surtout pas de t’offrir quelque chose de beau…
Il raccroche, et elle garde le combiné dans sa main un moment avant de le redéposer sur son socle. Elle éteint les lumières du salon et s’assoit un moment dans l’obscurité.
Le cri d’un hibou la fera se redresser d’un bond, et elle alla vérifier si la porte d’entrée était bien fermée à clef. Ensuite elle se poste encore à sa fenêtre et remarque que le mendiant avait disparu…
“Il a dû se trouver un coin où s’allonger”, se dit-elle.
Elle se sentit si lasse qu’elle s’allongea elle-même sur le sofa du salon et ne tarda pas à sombrer dans un sommeil peuplés de cauchemars. Ce n’est qu’à l’aube qu’elle arrivera enfin à trouver un semblant de repos. Lorsqu’elle se réveilla quelques heures plus tard, le soleil avait déjà atteint le sommet du ciel.
Elle s’étire et paresse un moment, avant de se lever pour prendre une douche et se préparer un café noir qui finira de la réveiller complètement. Dans le hall d’entrée, elle tombe sur le grand sachet qui contenait les vêtements destinés au mendiant et se rappelle de sa mésaventure de la veille avec cet homme qui portait une camisole de force. “Il va falloir que je lui remette ces affaires afin qu’il se change.” Prise d’un excès de compassion, elle se rendit dans la salle de bain et prit un morceau de savon, un shampooing, un rasoir et une grande serviette de bain. Il va peut-être vouloir se laver avant de changer ses vêtements. “Je deviens sûrement folle”, se dit-elle en lançant un regard à son reflet dans la glace surplombant le lavabo. “Je vieillis peut-être aussi.”
Pour chasser ses idées funestes, elle décide de sortir pour faire quelques menues courses et se balader un peu à travers les ruelles de la ville.
Elle s’habilla hâtivement, puis se saisit d’un grand panier en osier et de son sac à main, avant de s’emparer du sachet qui contenait les effets destinés au mendiant. Mais est-il toujours là ? Elle sentit son cœur se comprimer et courut à la fenêtre du salon. Ouf ! oui, il était là, assis sur le banc d’en face.
Des passants lui jetaient de temps à autre un regard curieux, d’autant plus qu’il arborait encore sa camisole de force. Linda se dit qu’elle devrait lui remettre le sachet au plus vite afin qu’il puisse se changer et éviter d’éventuels ennuis. Des voisins pourraient appeler la police et signaler qu’un fou était dans le coin.

(À suivre) Y. H.


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