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Autres / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

6e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Je fixe à Saâd un rendez-vous à la rédaction pour le lendemain, avant de penser enfin prendre la route pour rentrer chez moi. Au volant, je repensais à sa proposition de me raconter sa vie.

Alors que la circulation se débloquait, je me rendis compte que Saâd ne parlait jamais de lui. Pour tout le monde, le journaliste qu’il était avait atterri à l’université, puis avait vadrouillé dans quelques quotidiens régionaux, avant de se faire recruter dans un journal francophone et entamer une brillante carrière. Plus d’un quart de siècle de bons et loyaux services dans le domaine de la presse !
Mais ne dit-on pas qu’il faut toujours se méfier de l’eau qui dort ?
Quel secret cachait donc cet homme à la conduite exemplaire ?
-Ouf ! Je suis enfin sortie de l’autoroute. Il était temps.
Le muezzin appelait à la prière du maghreb lorsque je garais devant mon immeuble. La nuit commençait à étaler ses ombres. La chaleur s’était muée en une fraîcheur nocturne bienfaitrice. Je m’étire tel un chat qui sortait de sa torpeur. Les membres engourdis et l’esprit embrouillé, je décide d’oublier Saâd et de me permettre une bonne nuit de sommeil.
Le lendemain, la chaleur avait augmenté d’un cran.
Dès les premières heures du matin, les estivants se ruèrent sur les plages, la circulation sur les grands axes devint impossible. Aussi impatiente que j’étais d’arriver à la rédaction et de me mettre au frais, je décidai de prendre un raccourci par l’ancienne route.
Cependant, vu l’état de cette dernière, l’itinéraire ne sera pas non plus aisé. Enfin, après une multitude de détours sur des chaussées jonchées de nids-de-poule, j’arrive à ma destination. Il était temps !
On était déjà à la mi-journée, et je devais remettre mon billet avant le bouclage.
Saâd arrive quelques minutes plus tard. Il était en nage et s’éventait avec son bloc-notes. Les quatre étages qu’il venait de monter semblaient l’avoir épuisé jusqu’à la moelle. Je lui adresse un sourire pour le détendre, et il s’approche de moi pour lancer :
-Encore une journée comme celle-ci, et je rends le tablier.
-Voyons, mon ami, on est passé par des situations bien pires. Ce ne sont pas ces quelques bouffées de chaleur qui vont te nuire.
-Mais si, tu as vu le thermomètre ?
-Bien sûr, je ne cessais de le regarder le long du trajet. Allez, assieds-toi. J’ai presque fini avec mon billet. Nous pourrions ensuite nous permettre une bonne discussion entre nous.
Il essuie la sueur qui coulait de son front.
-Oui, mais je préfère prendre d’abord un verre d’eau fraîche.
Il se dirige vers la sortie puis se retourne.
-Tu veux que je te ramène quelque chose ?
-La même chose que pour toi.
-Je vais donc ramener une grande bouteille d’eau fraîche et des gobelets.
Un quart d’heure plus tard, je remettais mon travail à ma hiérarchie, alors que Saâd venait de revenir avec sa bouteille d’eau et deux sandwichs.

(À  SUIVRE) Y. H.


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