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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Portrait de famille

70e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Dix ans passèrent. Les enfants avaient grandi. Farid naviguait sur des mers lointaines et Malek venait d’obtenir le diplôme d’ingénieur en électricité. Yasmina, cette fois-ci, versera des larmes de joie.

Avec son diplôme, Malek n’aura aucun mal à se faire recruter. Il prépare sa valise et ses papiers pour rejoindre une prestigieuse institution qui venait d’ouvrir ses portes et dont le siège se trouvait dans l’ouest du pays. Yasmina l’avait encouragé à partir et à s’installer dans une contrée plus importante, où il découvrira sûrement d’autres opportunités pour s’affirmer davantage.
Le jeune homme ne se fera pas prier. Il avait la bénédiction de sa mère et ses bonnes notes pour affronter une nouvelle vie. Hélas, le destin, cette fois-ci encore, faussera les cartes.
La veille de son départ, Malek, se sentant fiévreux, ira consulter un médecin, qui diagnostiquera un coup de froid et lui conseillera de garder le lit pour quelques jours.
Le jeune homme est déçu, mais il n’avait pas le choix. Il était malade, et ses forces l’abandonnaient. Tant pis, il va informer ses supérieurs par un télégramme et gardera le lit le temps qu’il faudra pour son rétablissement. Une mauvaise toux le taraudait. Il ne sentait plus ses poumons, et la fièvre ne voulait plus le quitter. Deux jours plus tard, le jeune homme quittait ce monde. En guise de coup de froid, il avait plutôt contracté une mauvaise bronchite mal diagnostiquée !

1945 – 1954 : Une autre vie
Depuis le décès de son aîné,  Yasmina sombra davantage dans le chagrin. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Farid était venu passer quelques jours dans la famille, et lui avait promis de veiller sur eux. Même de loin, il tentait d’atténuer le chagrin de sa mère et de ses deux jeunes frères. Il écrivait souvent et envoyait des colis et des cadeaux pour tout le monde.
Mohamed et Razika, qui se faisaient vieux, avaient encore une fois supplié leur fille de revenir vivre dans l’ancienne maison, qui était vide et bien trop grande pour eux deux.
Ne pouvant plus supporter ces lieux qui lui rappelaient Malek, Yasmina finira par accepter et emménagea une fois pour toutes chez ses parents. Elle reprit son ancienne chambre de jeune fille, et mit ses deux jeunes enfants dans une chambre plus spacieuse dont la fenêtre donnait sur la grande bleue.
Est-ce la vue de cette étendue d’eau, miroitant sous le clair de lune, qui avait provoqué le déclic ? Quels qu’en soient les arguments, deux années, plus tard, Mohamed manifestera de son côté le souhait de prendre la mer. Il voulait voyager comme Farid et découvrir d’autres horizons. Yasmina avait beau le raisonner. En vain. Mohamed ne voulait pas faire d’autres études supérieures que celles concernant la navigation et la marine.
Prise dans le piège de cette curieuse passion que ses deux enfants avaient développée pour la mer et les longs voyages, Yasmina finira par abdiquer et inscrira son fils dans une école de marine. Trois années passent. Le jeune homme rentre un soir à la maison dans un bel uniforme de la marine. Il venait de décrocher son diplôme de capitaine au long cours, et ses galons brillaient tel de l’or sur ses épaules.
À sa vue, et malgré sa fierté, Yasmina se met à trembler. Le souvenir de Malek était encore vivace dans son esprit. Va-t-elle perdre encore Mohamed ? Elle demeure impassible devant ce bel homme au regard autoritaire qui était son propre fils, mais une fois seule, elle versera de longues larmes d’amertume.
Farid venait de rentrer pour passer quelques jours en famille, et Mohamed en profitera pour discuter avec lui de l’éventualité d’un recrutement sur son bateau.
Son frère interviendra alors pour lui auprès de son commandant de bord. Les diplômes et la passion jouèrent en la faveur du jeune capitaine, qui, tout comme son frère, avait du sang marin dans les veines.

(À  SUIVRE) Y. H.


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