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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

83e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Yamina est ébranlée. Ramdane rapportait-il les faits réels ? Slimane menait une double vie et lui avait caché son passé. Elle ne pouvait encore concevoir ce fait. Sa migraine revient, elle porte la main à sa tête.

Ramdane remarque son geste :
-Tu es souffrante, Yamina ?
-J’ai souvent des migraines ces derniers temps. Le surmenage, sûrement.
-Tout à fait.
Il ouvrit son cartable et prend son bloc d’ordonnances :
-Je vais te prescrire un antalgique et quelques vitamines. Cela te permettra de réguler ton sommeil et de mieux tenir le coup durant ces longues journées de deuil. En fait, la meilleure manière d’oublier ses malheurs est celle de changer d’air. Un petit voyage te fera sûrement le plus grand bien et te permettra de changer les idées.
-J’y songerais plus tard. Pour le moment, je dois respecter le deuil de mon mari. Je ne devrais pas quitter mon domicile avant les quatre mois et dix jours du rituel religieux.
-Tu es une bonne épouse Yamina. Je ne cesserai de le répéter. Slimane était très fier de toi.
Ramdane quitte les lieux, et Yamina se confine dans sa chambre. Elle avait l’impression de vivre hors du temps. D’abord, il y avait eu cette visite inattendue de Nassima qui avait levé le voile sur un pan de la vie de Slimane, puis ce médecin, ami intime de son mari, qui venait de lui donner des précisions sur le passé de ce dernier. Elle ne savait plus si elle devait en rire ou pleurer. On dirait que le monde la soumettait à un test de conscience. Slimane n’était plus là. La maison lui avait semblé vide et déserte. Mais depuis quelques heures, le vide avait disparu pour laisser place à une lassitude.
Elle entendit ses belles sœurs discuter entre elles dans la cuisine. Les enfants, qui n’étaient pas encore couchés, couraient dans les couloirs. Elle entendit le bruit d’un bibelot qu’on renversait et la chute amortie par l’épais tapis du hall d’entrée. Ses frères doivent être sur la véranda en train de siroter un café.
Elle repense à ses parents qui devaient dormir profondément dans leur chambre.
Elle aurait aimé rejoindre sa mère et se laisser tomber dans ses bras pour pleurer tout son saoul. Mais elle ne le pouvait pas. Elle avait bien autre chose à faire que se laisser aller au désespoir et à la mélancolie. Sa migraine reprenait de plus belle. Elle jette un coup d’œil à l’ordonnance rédigée par Ramdane, et se promet d’acheter ses médicaments dès le lendemain matin. En fait, elle devrait aussi se rendre au magasin. Ses deux vendeuses lui avaient assuré que tout allait bien, mais elle était la patronne, et maintenant c’était à elle de gérer les biens légués par son mari, et toute la fortune de ce dernier. Elle se rappelle que le notaire l’avait déjà convoquée. Il va falloir qu’elle trouve un moment pour mettre de l’ordre dans les finances et les affaires de Slimane.
Elle était tellement prise dans ses méditations qu’elle n’entendit pas la porte de sa chambre s’ouvrir et son frère entrer. Elle sursaute à sa vue, et relève les yeux vers lui :
-Tu m’as fait peur Zahir. Que veux-tu ? Sans répondre, il s’avance et se laisse tomber sur le lit, avant d’allumer une cigarette. Puis il rejette un long nuage de fumée, avant de demander :
-Tu comptes nous tourner le dos bien longtemps ?
Yamina fronce les sourcils :
-Vous tourner le dos ?

(À suivre) Y. H.


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