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A la une / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

83e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Nacéra demande à Fettouma de lui louer une chambre ou deux et lui promet de revenir dans la semaine pour discuter des formalités de cette location. Fettouma ne voulut rien savoir. Nacéra sera chez elle sous son toit.  

Elles rirent :
-Grâce à Dieu, tout ça n’est plus qu’un mauvais souvenir, lance Nacéra, en essuyant ses yeux.  Nous sommes libres et indépendants.
-Grâce à Dieu, et à tous nos martyrs.
Allah yerham Echouhada. Gloire à eux tous.
Elle soupire, puis reprend :
-Fettouma, nous allons établir un bail pour une année et je payerai dans l’immédiat mes 12 mois de loyer.
Offusquée Fettouma fronce les sourcils :
-Tu ne payeras pas un seul rond tant que je suis la propriétaire légitime de cette maison. Je vais te donner deux très belles chambres au rez-de- chaussée… N’est-ce pas ce qui te conviendra le mieux, afin de t’éviter la corvée des escaliers ?
Nacéra regarde sa canne :
-Je vois que tu as déjà pensé à tout… Cela m’arrangerait bien sûr. En sus, nous serions proches, et nous pourrions palabrer longuement à l’ombre de ta véranda.
-Pour cela, tu n’auras pas à t’en faire… Je n’ai personne avec qui jacasser tout au long de mes journées. Tu en auras quotidiennement ta dose.
-À la bonne heure. Je vois que je ne vais pas m’ennuyer. Mais… Et ces filles que tu héberges ?
-Les étudiantes ? Cela te dérange de devoir les cotoyer ?
-Mais non ! Je voulais plutôt dire que tu as amplement de la
compagnie.
Fettouma sourit :
-Celles-là, je suis plutôt leur garde-chiourme.
Nacéra hoche la tête :
-Je comprends maintenant l’empressement des parents à caser leurs filles chez toi.
-Je compte bien…. Et gare à toi si tu te maquilles trop ou tu portes le mini.
Elles rirent :
-Avec mon handicap, cela ne risque vraiment pas d’arriver. Je suis assez belle ainsi avec ma cicatrice sur la joue.
Fettouma contourne de son index cette blessure encore vive dans le corps et l’esprit de la jeune femme.
-Cette blessure est un honneur pour toi. C’est un beau trophée de la guerre que tu rapportes. Tu es le symbole d’une époque que l’histoire gardera à jamais dans ses
entrailles.
-Je ne suis pas la seule, Fettouma. Des milliers d’hommes et de femmes portent les séquelles de cette guerre. Il y en a même qui ont perdu la raison. Nous avons payé un lourd tribut pour
l’indépendance.
-Oui… C’est aussi un grand prestige pour la nation et le peuple.
-Nous en sommes tous biens fiers.
Nacéra s’en va et Fettouma demeure un moment seule au milieu de la grande cour. Elle s’appuie à la margelle du puits, et se met à repenser à Mahmoud. Pourra-t-on réellement retrouver ses restes et l’enterrer dignement au milieu des autres martyrs ?
Elle sentit sa poitrine se gonfler d’orgueil et de fierté : Mahmoud sera enterré avec tous les héros de la révolution !  Un honneur pour la famille, et un bel exemple pour sa descendance.
Deux semaines passent. Nacéra était revenue à maintes reprises avant de se décider à emménager définitivement chez Fettouma. Cette dernière lui avait donné les deux plus belles pièces du rez-de-chaussée et lui avait même proposé de faire la cuisine avec elle dans la grande salle qu’elle occupait depuis le départ des ses enfants.
-Nous ferons la cuisine à tour de rôle Nacéra, si tu n’y vois pas d’inconvénient.
-Pas du tout ma chère amie. Seulement, je te préviens que nous ferons aussi nos courses à tour de rôle.

(À  SUIVRE) Y. H.


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