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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

84e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Ramdane s’en va en recommandant à la jeune femme de se reposer davantage. Yamina se confine dans sa chambre. Son frère aîné la rejoint et lui demande si elle continuera longtemps à leur tourner le dos.

Il rejette encore un nuage de fumée.
-Oui, tu reçois des gens. Des amis de ton mari, des gens haut placés, des hommes d’affaires, mais nous, qui sommes ta famille, tu ne daignes même pas nous regarder.
Un peu surprise par le ton acerbe et les paroles de son aîné, Yamina ne répondit pas tout de suite.
Elle ne connaissait que trop bien sa famille et s’attendait à l’animosité de ses frères, mais pas de sitôt. Elle venait d’entamer un long veuvage, et pensait que ces derniers allaient la laisser tranquille, jusqu'à la fin de la période de son deuil. Hélas ! Il semble que ce n’était pas le cas.
-Alors, tu ne trouves rien à dire, Yamina ? Elle prend une lente inspiration, avant de lancer :
-Zahir, je ne vois pas de quoi tu parles. Je suis veuve depuis quelques jours, mon chagrin est encore trop vif et trop récent pour que je puisse songer à autre chose et encore moins à vous regarder de haut, comme tu viens de le dire.
-C’est justement pour cela que je viens te voir. Tu ne te rends pas compte toi-même de ton attitude envers tes belles-sœurs et tes neveux.
-Mon attitude ? Je ne comprends pas.
-Mais si, tu comprends. Saléha et Mounia trouvent que tu les snobes. Elles sont devenues tes boniches. C’est elles qui s’occupent du ménage, des repas, et c’est elles aussi qui servent le café à tes invités.
Yamina lève la main.
-Je n’ai rien demandé.
C’est elles-mêmes qui sont venues s’installer dans la maison avec les enfants.
-Nous avons pensé bien faire. Nous voulions tous être près de toi dans ces moments difficiles, mais à ce que je constate, ton ingratitude dépasse tout entendement.
-Mon ingratitude ?!
Elle sentit quelque chose remuer au fond de sa gorge. Elle voulait crier à la face de son frère que les ingrats ce sont eux, sa propre famille, qui ne pensent qu’à leurs intérêts mais elle se ravise et
s’entend dire :
-Je n’ai jamais été ingrate. Tu le sais bien, Zahir. Je vous ai tous aidés, et jusqu'à ce jour, je n’ai jamais hésité à mettre la main à la poche chaque fois qu’il le fallait.
-C’est ça. Viens me faire la leçon. Rappelle-nous que tu nous fais l’aumône. Encore mieux, traite-nous de mendiants et de moins que rien. Nous n’avons pas la fortune de ton mari, nous autres.
-Zahir, où veux-tu donc en venir avec tes insinuations ?
Il tire sur sa cigarette, et rejette un long nuage de fumée. Yamina se met à tousser.
-Je ne supporte pas la fumée de cigarette. Tu m’intoxiques.
-Ah ! Madame ne supporte pas la cigarette. Et pourtant ton mari n’a cessé de fumer sa vie durant.
-Il ne fumait pas devant moi.

(À suivre) Y. H.


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