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A la une / Récit de Yasmina Hanane

L'Algéroise

84e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Nacéra emménage chez Fettouma, dans la grande bâtisse. Cette dernière a tenu à la mettre à l’aise en lui octroyant les deux chambres les plus spacieuses du rez-de-chaussée. Elle lui proposera en outre de faire la cuisine avec elle dans la grande salle. Nacéra accepte à la seule condition de participer aux achats quotidiens.

Fettouma se met à rire.
-Tu es pointilleuse à ce point ?
-Parfaitement, Fettouma. Tu en as déjà fait beaucoup pour moi.
-Mais non, je n’ai rien fait. Tu es chez toi. Ce n’est pas un repas supplémentaire qui va me ruiner.
-Je le sais. Mais je tiens tout de même à prendre part aux dépenses quotidiennes et à l’entretien de la maison si tu veux que je me sentes réellement chez moi.
Fettouma hoche la tête d’un air
entendu.
-Fais comme il te plaira. Je veux que tu te sentes à l’aise et heureuse d’être sous mon toit.
-Je sens surtout que je vais y passer le restant de mes jours.
-Alors, installe-toi au mieux. Et si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas à le demander.
Nacéra avait meublé ses deux pièces avec goût.
Elle avait redonné vie à chacune d’elles, en improvisant un décor qui alliait l’ancien et le moderne. Ainsi, elle avait opté pour un petit salon avec tapis, poufs, matelas, rideaux en brocard, table et plateaux en cuivre, etc. Par contre, la chambre à coucher avait plutôt un aspect plus contemporain. Nacéra avait acheté un grand lit, une armoire avec garde-robe, des tables de nuit et une commode qui servait en même temps de coiffeuse. Elle avait aussi improvisé une petite bibliothèque qui contenait des ouvrages et quelques bibelots.
Fettouma trouva le tout très charmant et félicita Nacéra pour son goût.
Cette dernière pousse un long soupir.
-Ah, si je pouvais ramener toutes mes affaires ! J’ai des souvenirs de famille, des objets qui avaient appartenu à mes parents et à mes grands-parents.
-Et pourquoi ne les a-tu pas
ramenés ?
Nacéra soupire encore.
-Tout est resté dans l’ancien appartement de mes parents qu’occupe actuellement mon frère avec sa famille. Je n’ai pas osé toucher quoi que ce soit. Tu comprends, tout est resté tel que ma mère l’avait laissé. Certes, j’aurais aimé pouvoir récupérer ces petites choses qui ont marqué mon enfance, mais je n’aimerais pas rajouter de l’huile sur le feu. Mon jeune frère est dominé par son épouse, et pour cette dernière, tous les arguments sont bons pour créer des conflits dans la famille, en particulier avec moi.
Fettouma fronce les sourcils.
-Ta belle-sœur n’a absolument pas le droit de te priver des souvenirs de ta famille. C’est elle l’étrangère chez vous. Toi, tu es la fille de la maison. Je suis offusquée par ce que je viens d’entendre.
-Ma sœur aînée a été plus privilégiée. Mes parents étaient encore vivants lors de son mariage, et avaient pu lui remettre eux-mêmes quelques cadeaux souvenirs. Par contre, moi, j’étais au maquis lorsqu’ils ont quitté ce monde.
Fettouma lui serra l’épaule.
-Qu’à cela ne tienne. Les meilleurs souvenirs sont ceux qu’on garde dans son cœur. Et puis, tu vois bien que, finalement, ce départ de chez ton frère nous arrange toutes les deux.

(À  SUIVRE) Y. H.


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