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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

85e partie

Résumé : Kahina rentre chez elle enfin. Son mari s’était occupé de leur fille, et avait même pensé à préparer le dîner. La jeune femme était épuisée et aurait apprécié n’importe quel plat. Mustapha la taquine pour ses remarques.

 

Je m’étire :
-Je crois que je vais me mettre au lit sans attendre, tu veux bien changer sa couche à Rym ?
-Tu n’as presque rien mangé, Kahina.  Prends au moins un peu de salade ou un fruit.
Je secoue la tête :
-Non, je n’arriverais pas à avaler une bouchée de plus.
Je me lève et m’approche de lui :
-Mustapha, je ne sais pas ce que je serais devenue sans toi.
Il se met à gratter son menton d’un air dubitatif :
-Eh bien, tu serais restée chez ta mère qui sait toujours te gâter ou bien tu te serais déniché un autre soupirant.  quoique je préfère la première alternative.
Je lui donne une tape dans le dos, et m’enfuis pour m’enfermer dans la salle de bains.Quelque minutes plus tard, j’étais dans mon lit. J’entendis vaguement les cris de Rym, et la voix de mon mari qui tentait de la consoler. Il va sûrement lui préparer son biberon, me dis-je avant de sombrer dans un sommeil profond.
Quelques semaines passent. La foire internationale du livre battait son plein. La vente-dédicace que le journal avait organisée à mon intention s’était avérée un grand succès. Deux journées durant, je n’avais cessé de signer mes ouvrages.
Des dizaines et des dizaines d’exemplaires pour mes lecteurs. Je ne savais pas que j’étais autant lue et appréciée. Ce succès m’était allé droit au cœur, sans pour autant me monter à la tête. Les illustrations fort belles de Tahar avaient attiré une foule cosmopolite. J’étais autant fière de lui que de moi. Il était venu dès la première heure pour me féliciter et m’encourager, en m’assurant que je ne serais pas déçue par cette première initiative. Son flair était toujours infaillible.
Six mois passent. Tahar avait préparé une énième exposition que j’eus le plaisir de couvrir. J’avais voulu écrire son récit, mais il m’en avait dissuadé : “Pas encore, je préfère que tu le fasses quand je serais loin”.
Loin ? Est-ce comprendre lorsqu’il ne sera plus de ce monde ? Il avait déjà mis tous ses plans à exécution. Il avait vendu son appartement, son véhicule, et son terrain. Nous étions les seuls, Mustapha et moi à le savoir parmi son entourage.
Je me trouvais donc dans cette galerie où il venait d’exposer ses dernières œuvres, qui étaient aussi belles que toutes celles que j’ai eu le loisir de contempler.
L’artiste reprenait de l’assurance, et ses travaux s’en ressentaient.    
Il s’approche de moi :
-Encore un fan qui vient me demander si mes œuvres sont à vendre.
-Ah ! c’était ce monsieur avec qui tu discutais.
-Oui. Heu… Je vais proposer toutes mes toiles à la vente cette fois-ci.


(À suivre)
Y. H.

 


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