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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

86e partie

©Dessin/ALi Kebir

Résumé : Zahir dévoile le fond de ses pensées. Yamina devrait songer à partager avec eux la fortune de son mari. La jeune femme se révolte, elle était la seule héritière de Slimane, et personne n’a le droit de s’immiscer dans sa vie.

Elle hausse les épaules et croise les bras, avant d’afficher un air indifférent. Zahir, qui s’apprêtait à quitter les lieux, se retourne et la menace encore de son poing avant de claquer la porte derrière lui. Yamina se laisse tomber sur son lit et éclate en sanglots. Elle pleure une bonne partie de la nuit, avant de se laisser enfin emporter par un sommeil, loin d’être réparateur.
Une migraine la réveillera aux première lueurs de l’aube. Elle s’étire, puis rejette sa couverture et se lève pour prendre un comprimé d’aspirine. Plus angoissante que sa migraine, une boule s’était formée sur son plexus. Les propos de son frère aîné résonnèrent à ses oreilles. Tel un leitmotiv, la rengaine de ses paroles menaçantes s’imposera à elle. Elle prend un foulard dans le tiroir de sa commode et se ceint le front. L’aspirine commençait à faire son effet, mais maintenant, c’est un vertige qui s’emparait d’elle. Elle se rallonge sur le lit, et tente de mettre un peu d’ordre dans ses idées. Il va falloir qu’elle se déplace aujourd’hui-même chez le notaire. Elle devancera les évènements qu’elle sentait venir. Ses frères, et toute sa famille, hormis ses vieux parents, ne la laisseront jamais en paix. Ils s’imposeront à elle, habiteront sa maison, et dépenseront son argent sans aucun remords. Chacun d’eux attendait impatiemment de lire le testament, avant d’exiger sa part. Quelle part ? se demande-t-elle. Elle seule doit hériter de la fortune de son défunt mari, et à juste titre. Nassima lui avait dit que le partage des biens entre elle et Slimane avait eu lieu des années auparavant, et les enfants avaient eu leur part d’héritage du vivant de leur père. Slimane avait été perspicace. Il avait pris les devants pour éviter tout malentendu dans la famille.
Yamina se relève. L’image que lui renvoie la glace de sa coiffeuse n’était pas pour la rassurer. Elle avait les traits tirés, le visage pâle, et de profonds cernes sous les yeux. Sans maquillage, son teint laiteux virait au rouge. Elle défait son foulard et passe une main dans ses cheveux tout en se disant qu’elle aurait besoin d’un bon bain.
Une heure plus tard, elle était prête à affronter le monde extérieur. Habillée d’un tailleur de couleur sombre, une écharpe autour de sa tête, elle monte dans son véhicule et démarre sans demander son reste.
Le notaire la reçoit dans son bureau et lui renouvelle ses condoléances avant de l’inviter à s’asseoir. Elle prend place sur un siège face à son bureau, et attend qu’il ouvre le dossier de son mari.
Le notaire commencera d’abord par énumérer les nombreuses recommandations à son égard et précisera que le plus grand regret de son défunt mari était de n’avoir pu lui donner des enfants. De fait, il lui demandait de refaire sa vie et d’être heureuse auprès d’un homme qui la comblera dans ce domaine. L’homme de loi passera ensuite au testament. Comme elle le savait déjà, Slimane lui léguait toute sa fortune jusqu’au dernier sou. Elle était désormais très riche et libre de vivre comme elle l’entendait. Cependant, elle devait utilisait cette fortune pour ses besoins personnels, ses voyages, et ses loisirs. Slimane demandait sa promesse sur papier. Elle devait signer au bas de la page, et approuver ses recommandations. Aucun membre de sa famille ne devrait avoir accès à ses biens. Elle seule devrait disposer de son argent.
Slimane connaissait ses beaux-frères. Il savait que ces derniers allaient se manifester après sa mort pour délester son épouse de sa fortune !
Émue, Yamina verse de chaudes larmes.

(À suivre) Y. H.


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