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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

89e partie

Résumé : Farida comprenait amplement les préoccupations de Dalila. Cette dernière, se sachant stérile, appréhendait l’avenir. La jeune femme semblait bouleversée. Farida la rassure de son mieux. Elle trouvait ses arguments ridicules.

 

Puis se ravisant, elle poursuit :
-Je ne suis pas une femme sans cœur, Dalila.
-Je suis désolée. Je ne voulais pas en arriver là moi aussi.
-Allons. Ce n’est rien. Rentre chez toi et oublions toute cette scène entre nous.
Dalila soupire.
-Je vais rentrer.
Elle allait s’éloigner lorsque Farida la retint par le bras.
-Qui t’a parlé de mon fiancé ?
-J’ai surpris une conversation entre vous, alors que vous faisiez des courses au supermarché.
-Cela remonte à des semaines. Et ce jour-là, tu nous suivais aussi ?
Dalila baisse les yeux.
-Pas exactement. C’était juste une coïncidence.
Farida soupire.
-Bien. Alors n’en parlons plus. Bonne journée, Dalila.
Merouane prend son téléphone et compose le numéro de Farida. Il avait passé une mauvaise nuit. Son agent de confiance lui avait confirmé que ses projets avaient foiré et qu’il risquait d’être sur la dèche, d’autant plus qu’il avait été jusqu’à puiser dans le compte de l’agence.
L’avenir ne s’annonçait pas sous de bons auspices pour lui. Toutes ses économies s’étaient volatilisées. Des économies de longues années de labeur et de privation. Il lui restait à peine de quoi tenir quelques mois à l’agence, si toutefois les affaires ne lui font pas aussi défaut de ce côté-là.
Farida décroche.
-Allô, Merouane ?
-Comment vas-tu, Farida ?
-Moi, je vais bien, et toi ?
-Pas vraiment. Je viens d’avoir la confirmation que mes comptes bancaires sont pratiquement à sec.
-Dans les affaires, il faut s’attendre à tout.
-J’ai passé une nuit blanche, et ce matin je ne suis pas du tout en forme.
-Eh bien, cela t’apprendra à plonger la tête la première dans un lac profond alors que tu ne sais pas nager.
-Tu peux le dire.
-Dans le domaine des affaires, il faut savoir accepter l’échec et la réussite. Ce sont les deux menteurs du même front, comme le précise si bien Edward Kipling.
Elle l’entend soupirer et propose :
-Je peux faire quelque chose pour toi ?
-Non, rien. Ou plutôt, si. J’aimerais qu’on déjeune ensemble.
Elle le taquine.
-Et tu as de quoi payer un déjeuner ?
-Farida. Je ne suis pas encore un mendiant au bord de la route.
-Bien. Alors c’est d’accord.
Ils se rendirent à leur coin habituel et s’attablèrent, puis commandèrent leur déjeuner. Farida est effarée par l’aspect de son fiancé. Contrairement à ses habitudes, Merouane arborait une barbe hirsute et semblait épuisé.


(À SUIVRE)
Y. H.


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