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Autres / Récit de Yasmina Hanane

La brûlure de la braise

8e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Kamel, un autre collègue arrive. Il rouspète contre la chaleur, puis taquine Saâd. La bourgeoise ne l’avait pas nourri, parce qu’elle s’est rendue à la plage avec les enfants.

Il me fait un clin d’œil avant de poursuivre :
-Elle est sûrement bien plus débrouillarde que toi pour conduire sur l’autoroute par une journée comme celle-là…
Saâd hausse les épaules :
-Elle est bien plus patiente que moi, voilà tout.
Kamel s’empare de ses affaires, et me fait un signe de la main :
-Allez… Je reprends le boulot. Un reportage sur le nouveau système financier.
Saâd s’essuie la bouche avant de lancer :
-Ne te balade pas trop sous le soleil. C’est mauvais pour les nerfs !
Kamel s’en va et je me retourne vers Saâd :
-Alors, tu es rassasié ?
Il passe une main sur son ventre :
-Hamdoullilah.(Il me tend l’autre sandwich). Je l’ai ramené pour toi.
-Merci mais je n’ai pas trop faim. Garde-le pour tout à l’heure. Je suis plutôt impatiente d’écouter ton récit.
Il se verse un autre verre d’eau et lance :
-Je sais… Je vais tenter de t’en raconter une bonne partie
aujourd’hui.
-Ah ! tu veux dire que cette histoire risque de prendre plus d’une
journée ?
-C’est l’histoire de toute une vie. Hanane, je vais remonter jusqu'à mes origines nomades.
Je fronce les sourcils :
-Tes origines nomades ?
-Oui, avant d’être le journaliste que tu connais, je suis passé par plusieurs phases… Des phases qui ont débuté dans un village perdu, au sein d’une zone aride et loin de toute civilisation.
Intriguée, je branche mon
dictaphone :
-Tu habitais avec tes parents bien sûr.
-Bien sûr.
Il déboutonne le col de sa chemise et retrousse ses manches avant d’entamer :
-Je suis le fils d’un berger qui était lui-même fils, petit-fils et arrière-petit-fils de bergers… Comme je viens de le préciser, nous habitions dans un village oublié de tous, et vivions dans une maison délabrée et loin de tout confort… Je suis l’aîné de trois enfants : moi Saâd, puis mes deux sœurs Zineb et Houria. Ma mère Hizia, qui était une cousine à mon père, s’occupait de la gérance du foyer. Ma grand-mère paternelle partageait notre vie. La vieille Hadda était aveugle, mais experte dans le cardage de la laine, et maniait le fuseau comme personne d’autre. Elle occupait ses journées, assise près du foyer, ou à l’extérieur de la maison – tout dépend des saisons – et restait des heures à démêler ses fils, jusqu’à en faire de grosses pelotes de laine qui serviront plus tard, à tisser de beaux tapis. Mon père, Ameur, passait ses journées à faire paître  ses troupeaux de moutons et de chèvres, et se rendait une fois par semaine au marché de bétail pour le négoce hebdomadaire… Nous vivions modestement et nous nous contentions de peu.

(À  SUIVRE) Y. H.


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