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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le poissonnier

91e partie

Résumé : Merouane dévoile à Farida que non seulement il avait perdu toutes ses économies, mais qu’il avait aussi contracté un prêt bancaire. La jeune femme est outrée. Comment pouvait-on être inconscient à ce point ?

 

Au bout d’un long moment de silence, Merouane écrase sa cigarette et reprend :
-Je ne sais pas quoi te dire, Farida. Je voulais...
-Tu voulais quoi ? Monter au ciel. L’agence ne suffisait plus pour toi. Et pourtant, de ce côté-là, les affaires étaient assez rentables.
-Et c’est justement ça qui m’a poussé à vouloir aller plus loin.
-Ah ! parce que la chance t’avait souri une fois, tu pensais que tu pouvais encore la taquiner.
Il reprend une autre cigarette et s’apprête à l’allumer, mais elle la lui arrache des mains.
-Cela suffit. Le tabac ne va pas régler tes problèmes. Il redépose son paquet et se serre un verre d’eau qu’il boit d’une seule traite.
-Je suis désolé, Farida, je n’aimerais pas t’embourber dans mes pépins, mais vers qui pourrais-je me tourner maintenant ?
Elle soupire.
-Vers moi, bien sûr.
Elle se met à réfléchir. Elle avait quelques économies dans son compte bancaire, cependant cela ne va pas combler ce trou financier que son fiancé avait creusé. Elle le contemple un moment, puis lance :
-Merouane, je ne suis pas très riche, mais j’ai quelques économies. Si tu veux, je vais te faire un chèque.
-Non !
Il avait haussé le ton.
Puis se rendant compte de sa brutale réaction, il lui prend la main.
-Farida, je ne veux pas de ta charité. J’ai juste besoin d’un soutien moral.
Elle soupire encore.
-Que veux-tu donc que je te
dise ? Que tu t’es bien arrangé pour être sur la paille et que, malgré tout, cela va s’arranger.
Elle secoue la tête.
-Tu t’es ruiné, Merouane. Même si l’agence repart sur un bon pied, je ne pense pas que tu vas régulariser ta situation financière de sitôt. Et puis il y a ce prêt bancaire auquel tu devras faire face.
Il déglutit et reprend machinalement son paquet de cigarettes. Elle le lui enlève et le fourre dans son sac.
-Arrête de jouer à l’idiot. La cigarette va nuire à ta santé, sans plus.
Il passe la main sur sa barbe de quelques jours.
-Tu n’as donc pas compris que j’ai perdu le goût de vivre, Farida ?

(À SUIVRE)
Y. H.


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